Erdogan va renforcer les pouvoirs du MIT, le Renseignement turc
reuters.com

Erdogan va renforcer les pouvoirs du MIT, le Renseignement turc
reuters.com
reuters.com

Erdogan va renforcer les pouvoirs du MIT, le Renseignement turc
reuters.com
ANKARA (Reuters) - Le gouvernement turc va présenter au Parlement un projet de loi renforçant les pouvoirs du MIT, le service de renseignement national, une initiative dénoncée par les adversaires du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
Ces derniers accusent le chef du gouvernement, conforté par le bon résultat de son parti aux élections municipales du mois dernier, de vouloir contrôler encore plus l'appareil d'Etat.
Le texte devrait être adopté sans problème, l'AKP, parti d'Erdogan, étant majoritaire au Parlement.
Selon le projet que Reuters a pu consulter, le MIT aura plus de latitude pour effectuer des écoutes ainsi que pour mener des opérations à l'étranger. Ses principaux agents bénéficieront d'une plus grande immunité judiciaire.
Le MIT est dirigé par Hakan Fidan, l'un des plus proches conseillers d'Erdogan dont le gouvernement est ébranlé depuis décembre dernier par des accusations de corruption.
Le vice-Premier ministre Besir Atalay a précisé que le nouveau texte visait à mettre à jour des lois datant de plusieurs décennies et qui ne répondent plus aux exigences du métier du renseignement. La Turquie, a-t-il expliqué, ne fait que suivre en cela l'exemple des pays occidentaux.
Les moyens du MIT seront renforcés pour assurer la sécurité nationale, lutter contre le terrorisme, mener des missions de contre-espionnage et combattre la cybercriminalité, a-t-il ajouté.
Pour Sezgin Tanrikulu, député du Parti républicain du peuple (CHP), la principale formation de l'opposition, "cette réforme ne peut être approuvée dans un Etat de droit". Selon lui, elle va transformer la Turquie en un Etat policier où tout le monde peut être mis sous surveillance.
"Il sera impossible de poursuivre en justice le MIT s'il mène des opérations illégales", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Recep Tayyip Erdogan accuse son ancien allié Fethullah Gülen, prédicateur exilé aux Etats-Unis et devenu un rival, d'avoir mis en place ces dernières années, grâce à ses réseaux dans la justice et la police, un "Etat parallèle" en Turquie afin de le renverser, notamment en fabriquant des accusations de corruption à partir d'écoutes téléphoniques.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

(Gulsen Solaker et Jonny Hogg avec Orhan Coskun à Ankara, Daren Butler à Istanbul et Adrian Croft à Bruxelles; Guy Kerivel pour le service français)
reuters.com