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Le "big bang" de l'exécutif suscite des critiques

reuters.com

Publié le 10 avril 2014 à 10:15 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:23

Le "big bang" de l'exécutif suscite des critiques

Le "big bang" de l'exécutif suscite des critiques

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PARIS (Reuters) - Le bouleversement de l'exécutif annoncé dans le sillage de l'arrivée de Manuel Valls à Matignon a provoqué jeudi des critiques, dont les plus virulentes visent Harlem Désir, nouveau secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

François Hollande et le Premier ministre ont parachevé mercredi le dispositif gouvernemental avec la nomination de quatorze secrétaires d'Etat, l'arrivée de Jean-Pierre Jouyet au secrétariat général de l'Elysée et la réorganisation du Parti socialiste.

Le cas Harlem Désir fait débat entre la gauche, qui défend ce choix malgré l'échec de l'ancien président de SOS racisme au Parti socialiste, et la droite, pour qui cette "exfiltration" constitue une "offense à l'Europe".

Manuel Valls a pris la défense de son nouveau secrétaire d'Etat, élu européen depuis 1999.

"Il faut savoir évoluer, il le fait et sa place au gouvernement est un atout", a-t-il affirmé devant la presse lors d'une visite à Gennevilliers, près de Paris.

Interrogé sur l'indiscipline qui caractérisait le précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre a souligné l'importance d'être en phase sur une stratégie.

"Quand on a fixé la stratégie, on s'y tient et tout le monde doit être en soutien de cette stratégie. Si on n'est pas d'accord avec la stratégie, on fait autre chose", a-t-il dit en ironisant sur un dispositif "anti-couacs".

LES MILITANTS PS SERONT CONSULTÉS

Jean-Christophe Cambadélis, qui devrait officiellement succéder à Harlem Désir à la tête PS lors d'un conseil national mardi prochain, a reconnu que le premier secrétaire sortant n'avait "pas réussi" au parti, tout en jugeant "excessi(ves)" les critiques sur sa nomination.

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"On peut avoir échoué dans une responsabilité en fonction de données particulières et réussir", a-t-il dit sur RTL.

L'aile gauche du PS s'est élevée contre la désignation jugée peu démocratique du député de Paris à la tête du parti.

Jean-Christophe Cambadélis a tenté de la rassurer en disant que les militants seraient "consultés" sur un nom et une stratégie avant le congrès statutaire du PS de l'automne 2015.

Répondant aux accusations de "faits de prince" émanant de l'Elysée, il a jugé "pas anormal" que le président de la République "ait un regard amical sur son ancienne formation politique" sans pour autant "entrer dans les discusions".

La nomination de Harlem Désir a eu pour autre conséquence une confusion sur le nom du candidat appelé à mener la liste PS aux élections européennes du 25 mai en Ile-de-France, qui était le premier secrétaire sortant du PS jusqu'à mercredi.

La direction du PS laissait entendre mercredi que l'ancien ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, serait candidat en Ile-de-France, laissant le champ libre à l'ancien élu Modem Jean-Luc Bennhamias dans le Sud-Est.

"JEU DE PLACES" À LA CAISSE DES DÉPÔTS

Mais Vincent Peillon a affirmé jeudi qu'il restait candidat dans le Sud-Est.

"Tout cela est à l'image de la complexité de la situation à la direction du PS", déclare une source au parti.

L'arrivée du secrétaire général de l'Elysée sortant Pierre-René Lemas à la Caisse des dépôts et consignations (CdC) en remplacement de Jean-Pierre Jouyet, qui a pris sa place auprès du président - une nomination non encore confirmée ni à l'Elysée ni à la CdC - fait aussi grincer des dents.

"Comment ne pas voir un brin de désinvolture dans ce jeu de places auxquels s'adonnent de promotion en promotion, énarques et membres de grands corps", écrit la section CFDT de la Caisse des dépôts dans un communiqué.

Jean-Pierre Jouyet, issu de la même promotion de l'Ecole nationale d'administration (Ena) que François Hollande et Pierre-René Lemas, avait été nommé il y a moins de deux ans.

S'agissant des 14 secrétaires d'Etat, la reconduction de Geneviève Fioraso à l'Enseignement supérieur et à la Recherche a ravivé l'inquiétude du Collectif indépendance des chercheurs.

"Le maintien de Geneviève Fioraso à la tête de ces deux services publics paraît indissociable de la stratégie de privatisation dont ils sont clairement des cibles", écrit l'organisation dans un communiqué.

(Elizabeth Pineau, avec Service France, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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