Les pro-russes créent un climat de peur en Ukraine, dit l'Onu
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GENEVE (Reuters) - Des membres de la communauté russe de l'est de l'Ukraine ont prétendu de manière mensongère être victimes d'agressions afin de justifier une intervention de la Russie, dit le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme dans un rapport publié mardi.
"Même s'il y a eu quelques attaques contre la communauté d'origine russe, elles n'étaient ni systématiques ni répandues", est-il écrit dans ce rapport rédigé à la suite d'une visite de deux jours en Ukraine effectuée en mars par Ivan Simonovic, secrétaire général adjoint de l'Onu pour les droits de l'homme.
Il est aussi écrit dans ce document que les partisans d'un rattachement de la Crimée à la Russie ont pratiqué de la désinformation systématique afin de créer "un climat de peur et d'insécurité".
L'Onu dit en outre avoir recueilli de "nombreux signalements de cas de fraude" lors du référendum en Crimée sur le rattachement de la péninsule à la Russie.
"Des photographies des manifestations sur Maïdan, des histoires largement exagérées de harcèlement de Russes de souche par des extrémistes nationalistes ukrainiens et des informations trompeuses sur le fait qu'ils allaient se rendre armés en Crimée pour persécuter les Russes de souche ont été systématiquement utilisées pour créer un climat de peur et d'insécurité qui s'est reflété dans le soutien à l'intégration de la Crimée dans la Fédération de Russie", est-il écrit dans ce rapport.
FRAUDE LORS DU RÉFÉRENDUM
Dans son rapport, qui analyse les événements jusqu'à la date du 2 avril, l'Onu appelle au respect de l'Etat de droit et des droits de l'homme et à l'arrêt de tout type de "discours de haine".
L'organisation d'extrême droite ukrainienne "Secteur droit", qui a pris part cet hiver aux grandes manifestations de Maïdan à Kiev, inquiète particulièrement la minorité russophone, notent les auteurs du rapport.
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De nombreux actes de violence commis par des militants de Secteur droit contre des opposants politiques et des représentants de l'ancien parti au pouvoir ont été signalés, lit-on par ailleurs dans ce document, qui préconise l'ouverture d'enquêtes sur les cas de crimes qui auraient été perpétrés par des membres de Secteur droit à l'encontre de membres de la police et des services de sécurité.
Toutefois, au vu des témoignages recueillis par la délégation de l'Onu, les auteurs du rapport jugent exagérée la peur suscitée par Secteur droit.
En Crimée, où un référendum sur le rattachement à la Russie a eu lieu le 16 mars, avant que la Russie n'annexe la péninsule, des "accusations crédibles" ont fait état de harcèlements, d'arrestations arbitraires et de tortures visant des militants et des journalistes prônant le "non" au rattachement, lit-on également dans le rapport. En outre, l'Onu a reçu "de nombreux signalements de cas de fraude" concernant le référendum.
(Tom Miles et Stephanie Nebehay, Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français)
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