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Moins de 10.000 soldats américains resteraient en Afghanistan

reuters.com

Publié le 22 avril 2014 à 03:37 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:20

Moins de 10.000 soldats américains resteraient en Afghanistan

Moins de 10.000 soldats américains resteraient en Afghanistan

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par Missy Ryan et Arshad Mohammed

WASHINGTON (Reuters) - Le nombre de soldats américains engagés dans la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan pourrait passer sous la barre des 10.000, soit le minimum requis par l'état-major de l'US Army pour entraîner les forces de sécurité afghanes, indique un responsable de l'administration Obama.

Des discussions se déroulent entre la Maison blanche, le département d'Etat et le Pentagone depuis l'élection présidentielle afghane le 5 avril pour déterminer la taille du contingent à maintenir sur le terrain. Le retrait doit être achevé à la fin de l'année.

La position de la présidence américaine sur la capacité des forces afghanes à assurer la sécurité face aux insurgés taliban semble avoir évolué, comme en témoigne le nombre de 5.000 hommes qui a été envisagé.

Cette force résiduelle aurait pour mission la lutte et la formation contre le terrorisme.

Cette évolution s'explique par le calme inattendu dans lequel le scrutin s'est déroulé et par le taux de participation (60%) salué par la communauté internationale. Les quelque 12 millions d'électeurs afghans ne se sont pas laissés dissuader par la campagne d'intimidation des taliban.

"Les discussions sont très actives", a commenté ce responsable américain. "On envisage des options supplémentaires en dessous de 10.000" soldats.

Il y a actuellement 33.000 militaires de l'US Army en Afghanistan contre 100.000 en 2011 lorsque la mobilisation avait atteint son pic dix ans après l'intervention qui avait chassé les taliban du pouvoir.

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Le retrait des forces américaines et de celles des autres nations de l'Otan présentes fait l'objet de débats, certains experts militaires redoutant que les islamistes ne s'engouffrent dans le vide qui serait ainsi créé.

Pour le général Joe Dunford, commandant en chef des forces alliées en Afghanistan, le nombre de 10.000 constitue un minimum à respecter. Selon lui, sous ce plancher les troupes sur place seraient seulement occupées à assurer leur propre sécurité et non plus leur mission de formation et de conseil.

MISE EN GARDE

Entendu en mars par les parlementaires américains, le général Dunford a expliqué que sans un appui étranger suffisant les forces afghanes risquent de voir leur position se détériorer "assez rapidement" dès 2015.

Il a notamment pris l'exemple de l'armée de l'air afghane qui est encore très loin de pouvoir fonctionner d'une manière autonome.

Dans l'état actuel, les forces afghanes coûteront au budget national cinq milliards de dollars en 2015, une somme bien supérieure aux moyens dont dispose le gouvernement de Kaboul.

Les taliban et les insurgés islamistes ont été affaiblis par douze années de conflit et d'opérations de l'Otan, mais ils disposent encore d'une logistique suffisante pour mener des opérations meurtrières à partir des zones tribales et des régions montagneuses dans lesquelles ils sont retranchés.

Certains analystes mettent en garde contre le fait de passer sous la barre des 10.000 hommes.

"Si la Maison blanche décide de garder un contingent inférieur, cela va accroître la pression sur les forces afghanes et cela fait courir le risque d'hypothéquer leurs récents progrès face aux taliban", a dit Lisa Curtis, ancienne analyste de la CIA et du département d'Etat, aujourd'hui attachée à l'Heritage Foundation, un cercle de réflexion de Washington.

La taille du contingent résiduel se heurte au refus du président Hamid Karzaï de ratifier l'accord bilatéral de sécurité (ABS) qui autorise le maintien de troupes étrangères sur le sol afghan au-delà du 31 décembre 2014.

"Plus l'ABS tarde à être promulgué, plus il est difficile de prévoir et de mettre en place une mission américaine", note Laura Lucas Magnuson, porte-parole de la Maison blanche. "Pire encore, plus l'ABS tarde à être promulgué, plus est grand le risque que la mission américaine post-2014 soit réduite dans sa taille et dans ses ambitions".

(Pierre Sérisier pour le service français)

reuters.com

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