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Le gouvernement refuse d'entériner un démantèlement d'Alstom

reuters.com

Publié le 30 avril 2014 à 16:15 - Mis à jour le 01 mai 2014 à 15:00

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par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Malgré un dénouement qui semble inéluctable, le gouvernement français refuse encore, à la différence du PDG d'Alstom, Patrick Kron, d'entériner le démantèlement d'un fleuron industriel qui sonne comme un cruel désaveu pour sa politique économique.

Si l'exécutif se flatte d'avoir convaincu Alstom, dont les administrateurs ont accepté la vente de la division énergie à General Electric, d'examiner une offre rivale du groupe allemand Siemens, il refuse de reconnaître que le conglomérat français vit vraisemblablement ses derniers jours.

Traité de menteur par Arnaud Montebourg pour l'avoir tenu à l'écart de ses négociations avec le groupe américain alors que le ministre de l'Economie assure lui avoir demandé si ce type de scénario était étudié, le PDG d'Alstom n'a pas cette pudeur.

"J'assume la perspective d'un adossement de certaines activités d'Alstom à un groupe qui a la capacité de mieux relever les défis futurs", a-t-il au Monde, évoquant la nécessité d'assurer "l'avenir des métiers et des salariés".

Pour l'heure, les membres du gouvernement évoquent encore des partenariats ou des alliances plutôt que le rachat pourtant prévu de plus de 70% des activités du groupe français.

"Nous voulons des alliances, nous ne voulons pas des absorptions", a déclaré Arnaud Montebourg lors d'une audition par la commission des affaires économiques de l'Assemblée.

Sauvé de la faillite en 2004 par une nationalisation partielle orchestrée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, le groupe de Belfort sera réduit à sa seule division Transport, que l'Allemand ou l'Américain l'emporte.

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Pour éviter ce scénario, les syndicats d'Alstom demandent à l'Etat de reprendre les 29% du capital détenu par le groupe Bouygues, qui souhaite s'en défaire pour investir dans sa filiale de télécommunications.

"Cette question, nous la mettons a l'étude. Elle nous a été demandée par les organisation syndicales", a dit le ministre de l'Economie.

"IL FAUT UNE SOLUTION INDUSTRIELLE"

Cette option d'une nationalisation partielle trouve un écho dans une partie de la classe politique, de la présidente du Front national Marine Le Pen au leader du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, mais peu au gouvernement, y songent sérieusement.

"La situation de l'entreprise en 2004, c'était la faillite, c'était la disparition. Ramener de l'argent frais à un moment donné pour redonner la capacité à l'entreprise de repartir (...) c'est un choix. Aujourd'hui, on n'est pas dans cette situation", a tranché le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Au sommet de l'Etat, l'option d'une nationalisation est également écartée.

"Il faut une solution industrielle", dit-on dans l'entourage de François Hollande, où l'on estime que la Commission européenne n'autoriserait la France à procéder qu'à une nationalisation temporaire.

"Quand bien même l'Etat prendrait la participation de Bouygues, il ne la garderait pas très longtemps parce que la Commission européenne lui dirait de ne pas la garder", dit un proche du président français qui reconnaît les problèmes structurels de l'entreprise.

"On voit bien que l'entreprise a du mal sur un certain nombre d'activités", explique ce proche du président, qui ajoute que la situation d'Alstom "n'est pas satisfaisante puisqu'il ne dégage pas autant de bénéficies qu'il le voudrait".

FATALISME

Ce fatalisme affiché en privé sur l'avenir d'un symbole national est à même de déboussoler un électorat déjà ébranlé par la politique de l'offre développée par le chef de l'Etat.

On indique aussi de source gouvernementale que, pour l'heure, aucune alternative franco-française, via de grands groupes comme Areva ou EDF n'est à l'étude.

"Si le gouvernement avait eu des velléités de faire quelque chose pour Alstom, il aurait pu le faire bien avant", estime une source proche du dossier.

Le choix de François Hollande est donc pour l'heure de demander à Alstom de soupeser les offres de rachat en fonction de trois critères: l'emploi, la localisation des activités et l'indépendance énergétique du pays.

Reste que les précédents rachats de grands groupes industriels français comme Pechiney ont montré les limites des engagements pris par leurs repreneurs, qui ont souvent procédé à de sévères restructurations malgré leurs promesses de maintenir l'emploi.

(Avec Nicholas Vinocur, Matthieu Protard et Mark John édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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