Barack Obama s'en prend aux républicains sur le salaire minimum
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Le Sénat bloque la loi relevant le salaire minimum aux Etats-Unis
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Le Sénat bloque la loi relevant le salaire minimum aux Etats-Unis
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par Thomas Ferraro et Steve Holland
WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama s'en est pris vivement mercredi aux républicains qui ont bloqué au Sénat une proposition de loi sur la hausse du salaire minimum fédéral aux Etats-Unis, une priorité du second mandat du président américain.
"Ils ont empêché une augmentation de salaire pour 28 millions d'Américains travailleurs, ils ont refusé d'aider des millions de gens à sortir de la pauvreté par leur labeur", a-t-il réagi à la Maison blanche.
Quelques heures plus tôt, le Sénat, où les démocrates sont majoritaires, n'avait approuvé cette loi que par 54 voix contre 42, sans que ne soit atteint le seuil de 60 voix requis pour son adoption sans laisser la possibilité à l'opposition républicaine de mener des manoeuvres d'obstruction parlementaire.
Il aurait fallu pour cela que des sénateurs républicains rompent avec la discipline de parti pour mêler leur voix à celles des démocrates. Mais un seul d'entre eux, Bob Corker, élu du Tennessee, a franchi le pas. Insuffisant.
Le texte prévoyait un relèvement du salaire minimum horaire de 7,25 à 10,10 dollars au cours des trois prochaines années, puis son indexation sur l'inflation.
Dans son allocution hebdomadaire, samedi, Barack Obama avait appelé les sénateurs républicains à soutenir la loi qui a, selon les sondages, le soutien de plus de 60% des Américains.
Le Parti démocrate compte en faire un argument de sa campagne en vue des élections de mi-mandat au Congrès, en novembre. Les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants et qui espèrent progresser au Sénat, ne veulent pas en entendre parler.
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LE SALAIRE CONTRE L'EMPLOI ?
En tenant compte de l'inflation, le salaire minimum ne représente plus qu'un tiers de sa valeur en 1950.
"Le changement va se produire, que les républicains le veuillent ou non", a prédit Barack Obama, qui s'exprimait au côté de travailleurs pauvres conviés à la Maison blanche.
"Aussi mon message au peuple américain est-il le suivant: ne soyez pas découragés par un vote comme celui auquel nous avons assisté ce matin. Gardez la flamme, organisez-vous, faites-vous entendre."
Jouant d'une procédure sénatoriale particulière, Harry Reid, chef de file de la majorité démocrate au Sénat, a modifié son vote, de oui à non. Cette manoeuvre lui permet de préserver le droit d'inscrire de nouveau ce texte à l'ordre du jour. Selon le Bureau du budget du Congrès (Congressional Budget Office, CBO), organisme non partisan, le passage du salaire horaire minimum à 10,10 dollars permettrait de sortir 900.000 Américains de la pauvreté mais risquerait d'entraîner la suppression de 500.000 emplois.
C'est ce risque sur l'emploi que brandissent les républicains, jugeant "inacceptable" que l'on joue ainsi le salaire contre l'emploi.
"Les démocrates ne font même plus semblant de s'intéresser sérieusement à la question de l'emploi", a affirmé Mitch McConnell, chef de file des républicains au Sénat. "Leur objectif véritable, a-t-il ajouté, est de satisfaire l'extrême gauche, pas d'aider la classe moyenne."
(Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français)
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