Moscou juge singulier de tenir une présidentielle en Ukraine
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VIENNE (Reuters) - Il serait "singulier" de tenir une élection présidentielle en Ukraine alors même que l'armée est déployée contre des civils, a estimé mardi à Vienne le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
L'élection présidentielle a été fixée au 25 mai en Ukraine, dans la foulée de la destitution le 22 février du chef de l'Etat Viktor Ianoukovitch, qui a fui Kiev à la suite d'une insurrection contre son régime et vit en exil en Russie.
Fin avril, déjà, les autorités russes avaient dit douter de la légitimité de la présidentielle ukrainienne, étant donné les opérations que mènent les forces de sécurité dans l'est du pays.
Sergueï Lavrov, qui s'exprimait à Vienne à l'issue d'une réunion du Conseil de l'Europe, a estimé en outre qu'organiser à Genève de nouveaux pourparlers internationaux sur l'Ukraine serait inutile et reviendrait à "tourner en rond", dans la mesure où, selon lui, l'accord conclu à Genève le mois dernier n'a pas été appliqué sur le terrain.
"Se réunir dans le même format, sans la présence de l'opposition à l'actuel régime ukrainien à la table des négociations, n'ajouterait pas grand-chose", a-t-il dit en réponse à la proposition allemande.
"Il est possible de nous réunir, mais cela reviendrait à tourner en rond, à dire à nouveau qu'il faut mettre en oeuvre ce dont nous sommes déjà convenus. Et ce serait aux Ukrainiens de le faire, tant le régime que ceux qui s'y opposent", a poursuivi le chef de la diplomatie russe.
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Signé le 17 avril par l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne, et prévoyant notamment un désarmement des milices et la libération des bâtiments publics illégalement occupés, l'accord de Genève était censé favoriser un apaisement en Ukraine.
(Gabriela Baczynska et Alexei Anishchuk; Eric Faye pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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