A Slaviansk, les barricades abandonnées aux civils
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A Slaviansk, les barricades abandonnées aux civils
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par Maria Tsvetkova
SLAVIANSK Ukraine (Reuters) - Tous les matins ou presque, Alexandra, peintre et décoratrice d'une vingtaine d'années, abandonne sa fille âgée de 10 ans chez elle, place un pistolet de starter dans sa ceinture et se rend aux barricades de sa ville natale, Slaviansk.
Alexandra est une des volontaires qui ont pris place aux points de contrôles du bastion séparatiste ukrainien et remplacé les hommes armés et camouflés. Ceux-là ont pris leurs distances depuis que le gouvernement de Kiev a intensifié ce qu'il appelle son opération anti-terroriste.
Le maire séparatiste autoproclamé, Viatcheslav Ponomariov, assure que les militants armés s'entraînent ou se reposent. D'autres assument une tactique visant à empêcher les militaires de reprendre la ville puisque des civils sont sur leur route.
"Les activistes armés se tiennent aux points de contrôle les plus importants uniquement", explique Filipp, un pro-russe. "Mais si (les soldats) entrent en ville, les tirs partiront de chaque fenêtre, de chaque cour. Quiconque en mesure de leur faire du mal le fera."
Vendredi, des troupes à bord de véhicules blindés, soutenues par des hélicoptères, ont encerclé Slaviansk, le bastion rebelle le plus protégé, et ont pris le contrôle de routes extérieures.
Kiev avait alors dit que ses soldats s'étaient emparés de tous les barrages de contrôles autour de la ville, piégeant les séparatistes dans les murs de la cité.
Mais Ponomariov l'assure, ses hommes ont simplement quitté leurs positions. Les rebelles ont répliqué ces derniers jours, abattant trois hélicoptères. Au moins dix personnes ont été tuées dans les combats.
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Kiev a accusé les combattants séparatistes d'utiliser des civils comme boucliers humains, ce qui complique les efforts de l'armée pour reprendre le contrôle de l'Est industriel où les bâtiments gouvernementaux sont tombés aux mains des rebelles.
PAS D'ARMES
Avant que les combats fassent rage, chaque point de contrôle était surveillé par un homme, armé. Depuis, le nombre de barricades a doublé et la surveillance est assurée par des civils, pour la plupart dépourvus d'armement.
Vendredi, des journalistes de Reuters sont tombés sur une nouvelle barricade faite d'arbres abattus, érigée à quelques centaines de mètres du centre de la ville. Deux adolescents y ont accueilli les véhicules par des coups de feu.
Une fois les passagers sortis les mains levées et fouillés, les deux adolescents se sont excusés pour leur réaction.
Au point de contrôle situé près de la mairie, Alexandra dit, elle, n'avoir aucune expérience militaire.
"C'est seulement un pistolet de starter", dit-elle à propos de l'objet habituellement utilisé pour donner le départ d'une course en athlétisme.
"Si on tire sur quelqu'un dans le visage, on peut le tuer, mais ce n'est pas une mitrailleuse. Ils ne me donneront pas une mitrailleuse. Je ne suis pas une militaire."
Sergueï, un rebelle pro-russe, souligne à son tour que seuls ceux qui savent s'en servir se voient confier une arme. "Si vous venez et que vous pouvez (tirer), vous en avez un", dit-il. "Si vous avez servi dans l'armée."
Aujourd'hui, le calme qui règne à Slaviansk ne témoigne en rien de la préparation de la ville au combat.
Lorsque les troupes gouvernementales s'approchent d'un barrage des environs de la ville, il est en général abandonné et les pneumatiques empilés pour le former sont en feu - le signal de leur arrivée, envoyé aux gens qui sont en ville.
Quand les combats commencent, une sirène et le son des cloches prévient la population qu'elle doit se rassembler sur la place principale. Des séparatistes ôtent leurs unifomes et se fondent dans la foule.
Et sur les barricades, quand les militaires demandent où sont les combattants rebelles, ils obtiennent le plus souvent la même réponse : "Nous n'avons pas d'armes. Nous sommes des gens pacifiques."
(Gregory Blachier pour le service français)
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