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Barclays supprime 19.000 postes pour tenter de rebondir

reuters.com

Publié le 08 mai 2014 à 05:43 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:16

Barclays supprime 19.000 postes et poursuit sa restructuration

Barclays supprime 19.000 postes et poursuit sa restructuration

reuters.com

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par Steve Slater

LONDRES (Reuters) - Barclays a définitivement renoncé jeudi à son ambition de devenir un grand nom de Wall Street en annonçant vouloir renouer avec ses racines dans la banque de détail, ce qui passera par des milliers de suppressions de postes et le cantonnement de l'essentiel de ses activités de banque d'investissement dans une "bad bank".

Les investisseurs ont réservé un bon accueil à ce virage stratégique puisque le titre de la banque a fini la journée sur un bond de 7,87% à 255,3 pence, affichant de loin la plus forte hausse de l'indice européen FTSEurofirst 300.

Au total, Barclays va supprimer 19.000 emplois sur les trois ans à venir et va créer une "bad bank" regroupant la majeure partie de ses activités de banque d'investissement et de banque de détail en Europe, un plan censé lui permettre de compenser le déclin de ses activités de courtage.

Le directeur général du groupe britannique, Antony Jenkins, en poste depuis août 2012, a entrepris de restructurer la division de banque d'investissement, longtemps moteur des profits du groupe mais affaiblie aujourd'hui par la baisse de ses revenus, par une série de départs au sein de sa direction et par un désaccord avec certains actionnaires sur la politique de bonus.

Selon Antony Jenkins, le brutal arrêt de la hausse des revenus de trading n'est pas simplement le fait d'un effet de cycle mais est, au contraire, en partie irréversible en raison du durcissement de la réglementation imposée ces 12 derniers mois aux grandes banques, qui rend certaines activités de trading trop onéreuses.

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"Nous allons restructurer et reconfigurer nos activités de banque d'investissement pour donner plus d'équilibre à Barclays. Telle qu'elles sont actuellement constituées, elles représentent un poids inacceptable", a-t-il dit à des analystes et des investisseurs.

Au terme de la dernière revue stratégique en date - la deuxième en deux ans - Barclays prévoit donc de supprimer 7.000 postes en banque d'investissement, soit un quart des effectifs de la division - et de cantonner quelque 90 milliards d'euros d'actifs à risque de la division dans une structure ad hoc.

La banque d'investissement ne devrait ainsi plus représenter que 30% au maximum des actifs à risque du groupe, contre 50% aujourd'hui.

ACCENT MIS SUR LA BANQUE DE DÉTAIL EN GRANDE-BRETAGNE

La division de banque d'investissement de Barclays va se concentrer sur la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et ses 1.000 plus gros clients, qui ont généré plus des trois quarts de ses revenus l'an dernier, tandis que les activités en Asie vont être revues à la baisse.

En parallèle, cette réorganisation accroîtra considérablement le rôle déjà prééminent des activités de banque de détail de Barclays en Grande-Bretagne, de sa filiale de cartes de crédit Barclaycard et de ses activités en Afrique.

Antony Jenkins veut aussi regrouper au sein de la nouvelle "bad bank" toutes les activités de banque de détail en Italie, en France, en Espagne et au Portugal, ainsi que certains actifs de banque d'entreprise et de Barclaycard.

Au total, la nouvelle structure englobera pour 115 milliards d'euros d'actifs à risque.

Antony Jenkins a ajouté que certaines de ces activités européennes versées dans la "bad bank" pourraient être cédées ou introduites en Bourse.

En dehors de la banque d'investissement, la moitié des suppressions d'emplois annoncées interviendront dans des agences en Grande-Bretagne, en Europe et en Afrique.

Antony Jenkins a pris la tête de Barclays il y a moins de deux ans après le limogeage de Bob Diamond, conséquence du scandale de la manipulation des taux Libor. Il avait déjà piloté un premier plan de restructuration l'an dernier mais la baisse des revenus de trading l'a forcé à le durcir désormais.

Les mesures dévoilées jeudi devrait se traduire par 800 millions de livres de coûts exceptionnels.

La banque dit espérer que, d'ici 2016, elle pourra porter son ratio de distribution du dividende jusqu'à 50% de son bénéfice ajuste, alors qu'elle tablait jusqu'à présent sur 40%, et qu'elle aura renforcé ses moyens de défense contre d'éventuelles pertes de crédit.

(Marc Angrand et Benoit Van Ovestraeten pour le service français)

reuters.com

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