L'UE devrait timidement étendre ses sanctions contre la Russie
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par Adrian Croft et Justyna Pawlak
BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne devrait essayer d'accroître la pression sur la Russie lundi en ajoutant à sa liste de sanctions plusieurs personnalités et sociétés qui ont joué un rôle dans l'annexion par Moscou de la région ukrainienne de Crimée.
La réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles va être une nouvelle fois dominée par la crise en Ukraine au lendemain du référendum d'autodétermination organisé par les séparatistes pro-russes dans l'est de ce pays.
Les Vingt-Huit ont jugé cette consultation illégale et prévenu qu'ils n'en reconnaîtraient pas le résultat mais les dirigeants séparatistes ont annoncé leur intention de couper les ponts avec Kiev après avoir proclamé la victoire du "oui" à près de 90%.
"Les résultats du pseudo référendum dans l'est de l'Ukraine sont probablement faux", a commenté le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, sur son compte Twitter.
Les pays européens, qui craignent de voir se reproduire le scénario criméen, cherchent un moyen de stabiliser la situation en Ukraine avant l'élection présidentielle que les autorités intérimaires de Kiev veulent organiser le 25 mai.
Même si les séparatistes n'ont pas tenu compte de l'appel du président russe Vladimir Poutine à reporter leur référendum, ils pensent que la solution est en grande partie à Moscou.
Lundi à Bruxelles, les 28 ministres des Affaires étrangères devraient par conséquent approuver un élargissement du cadre légal des sanctions contre la Russie, afin de faciliter le gel des avoirs de sociétés impliquées dans la crise ukrainienne.
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Les nouvelles sanctions ne devraient cependant concerner dans un premier temps que des entreprises ou personnalités ayant joué un rôle direct dans l'annexion de la Crimée et épargner le géant énergétique Gazprom.
PREMIÈRES SANCTIONS CONTRE DES SOCIÉTÉS
Selon des sources diplomatiques, les responsables européens ont identifié 14 personnalités et deux sociétés criméennes qui devraient être ajoutées lundi à la liste des sanctions. Leur identité est pour l'instant tenue secrète.
L'UE a jusqu'a présent imposé un gel des avoirs et une interdiction de voyager à 48 personnalités ukrainiennes et russes.
Ce serait la première fois que des sanctions européennes viseraient des entreprises, même si Bruxelles reste dans ce domaine beaucoup plus prudente que Washington.
Les Etats-Unis ont sanctionné fin avril 17 sociétés russes et gelé les avoirs de sept proches de Vladimir Poutine, dont le président du géant pétrolier Rosneft, Igor Setchine.
Officiellement, les Vingt-Huit sont déterminés à durcir le ton contre la Russie si cette dernière continue à déstabiliser l'Ukraine.
"Nous serions prêts à imposer de nouvelles sanctions à la Russie si les élections du 25 mai en Ukraine ne devaient pas avoir lieu", a répété samedi la chancelière allemande Angela Merkel en recevant le président français François Hollande.
Mais en privé, des diplomates européens soulignent que la perspective de sanctions économiques se heurte a de plus en plus de résistance au sein des Vingt-Huit, certains pays craignant qu'une telle initiative n'affecte leurs propres économies et ne provoquent des représailles de Moscou.
(Tangi Salaün pour le service français)
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