L'UE étend timidement ses sanctions contre la Russie
reuters.com

L'UE étend timidement ses sanctions contre la Russie
reuters.com
reuters.com

L'UE étend timidement ses sanctions contre la Russie
reuters.com
par Adrian Croft et Justyna Pawlak
BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a commencé lundi à étendre ses sanctions contre la Russie à des entreprises, en ajoutant deux sociétés criméennes à sa liste noire dressée depuis le début de la crise ukrainienne, qui ne visait jusqu'ici que des individus.
En réaction aux référendums d'autodétermination organisés dimanche dans l'est de l'Ukraine, les Vingt-Huit ont également décidé de sanctionner au total 13 nouvelles personnalités russes et ukrainiennes.
Les noms de ces entités et individus doivent être rendus publics dans la journée.
"Nous avons décidé d'adopter une nouvelle liste de personnalités soumises à des sanctions ainsi que des entités qui ont bénéficié de l'annexion illégale de la Crimée", a expliqué le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, en l'absence du ministre Laurent Fabius en déplacement aux Etats-Unis.
"Cette décision confirme la grande détermination de l'UE à garantir le respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine", a-t-il dit.
L'UE avait jusqu'a présent imposé un gel des avoirs et une interdiction de voyager à 48 personnalités ukrainiennes et russes. Désormais, des sanctions européennes visent également des entreprises même si Bruxelles reste dans ce domaine beaucoup plus prudente que Washington.
Les Etats-Unis ont sanctionné fin avril 17 sociétés russes et gelé les avoirs de sept proches de Vladimir Poutine, dont le président du géant pétrolier Rosneft, Igor Setchine.
RETICENCES
Ces réticences de l'UE à sanctionner plus lourdement l'économie russe sont largement liées à la forte dépendance énergétique de certains pays membres vis-à-vis de Moscou, ou aux liens financiers ou commerciaux étroits qu'ils entretiennent avec la Russie.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

La France a ainsi confirmé officieusement lundi sa décision d'honorer le contrat de vente de deux navires porte-hélicoptères Mistral à la Russie.
Lors de leur réunion à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont débattu pour savoir ce qui déclenchera l'application d'un nouveau train de sanctions contre la Russie.
Ils se sont ralliés au point de vue exprimé ces derniers jours par l'Allemagne, la France ou la Grande-Bretagne qui font dépendre ces sanctions du bon déroulement de l'élection présidentielle du 25 mai.
"L'Union européenne prêtera une attention particulière à l'attitude et au comportement de toutes les parties jusqu'à la tenue d'une élection présidentielle libre et équitable", ont-ils dit dans un communiqué.
Les chefs de la diplomatie se sont également entretenus avec le président de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), Didier Burkhalter, qui a élaboré un plan de résolution de la crise pour l'Ukraine.
L'UE reste profondément divisée entre les pays favorables à un durcissement des sanctions comme la Grande-Bretagne, la France, la Pologne et la Suède, et les pays les plus réticents comme l'Italie, la Grèce, Chypre, la Bulgarie, l'Autriche ou l'Espagne.
(Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
reuters.com