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Marine Le Pen veut arrêter la "machine folle" de l'UE

reuters.com

Publié le 12 mai 2014 à 12:23 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:15

Marine Le Pen veut arrêter la "machine folle" de l'UE

Marine Le Pen veut arrêter la "machine folle" de l'UE

reuters.com

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18 juillet 2026

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par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen mise sur un score élevé des eurosceptiques aux élections européennes du 25 mai pour former un groupe capable de constituer une minorité de blocage au Parlement européen et d'arrêter la "machine folle" de l'Union.

Cette coalition pourrait par exemple s'opposer à l'accord de libre-échange transatlantique en cours de négociation et qui se heurte aussi à l'hostilité d'une partie de la gauche, déclare la présidente du Front national dans une interview à Reuters.

Les partis populistes qui prospèrent en Europe pourraient arriver le 25 mai en tête en France, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni et doubler leur score par rapport au scrutin de 2009.

Marine Le Pen, qui a engagé des discussions en vue de la création d'un tel groupe, envisage une "co-présidence", ce qui permettrait d'éviter l'écueil d'une bataille de leadership.

"Le Front national va être le plus grand pourvoyeur de députés donc il aura probablement une des deux présidences", précise-t-elle cependant, rappelant que son objectif est de faire élire entre 15 et 20 députés FN, contre trois actuellement.

Pour former un groupe politique au Parlement européen, il faut réunir 25 députés provenant de sept pays. L'institution, où siègent 766 parlementaires, est dominée depuis sa création par les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens, qui se partagent la présidence et les vice-présidences.

Le FN travaille depuis plusieurs années avec le FPÖ autrichien, le Vlaams Belang flamand, les Démocrates suédois, et discute avec le PVV néerlandais et la Ligue du Nord italienne.

Même si le souverainiste britannique Nigel Farage a repoussé une nouvelle fois les avances de Marine Le Pen, jugeant que "l'antisémitisme est dans l'ADN du Front national", la dirigeante frontiste ne lui ferme toujours pas la porte.

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"Sa position est tactique. Son objectif est d'avoir un groupe et d'en être à la tête. S'il n'y arrive pas, peut-être qu'il changera d'avis", dit-elle.

CHANGER LE MODE DE SCRUTIN

Pour Marine Le Pen, qui appelle ses électeurs à éviter le piège de l'abstention et à voter massivement le 25 mai, une percée des eurosceptiques aurait pour première conséquence d'envoyer un "signal" à Bruxelles.

"L'Union européenne va être obligée d'appuyer sur la pédale de frein, parce qu'ils savent que s'ils ne le font pas, ce ne seront pas 150 députés eurosceptiques, ce seront 500 qui arriveront la fois d'après", dit-elle.

"C'est ça la grande aventure qui va démarrer à ces élections européennes : c'est la déconstruction de l'Union soviétique européenne et le retour des nations comme structures protectrices des peuples", ajoute-t-elle.

La présidente du Front national a déjà annoncé qu'en cas d'arrivée au pouvoir en France, elle organiserait un référendum sur l'appartenance du pays à l'Union européenne.

La formation d'un groupe permettrait ensuite aux eurosceptiques - qui n'en disposaient pas jusqu'à présent - d'être plus présents dans les rouages de l'institution et de batailler "pour changer les majorités".

"Quand une machine folle est lancée à grande vitesse, la première chose à faire c'est d'abord qu'elle s'arrête. Et après, on va dans une autre direction", estime la présidente du FN.

Selon elle, la Commission pourrait être contrainte de remiser le grand marché transatlantique "dans un tiroir" parce qu'elle sait "que ça ne passera pas le barrage du Parlement".

"En faisant émerger ce débat, on s'aperçoit qu'une partie de la gauche y est opposée, que les eurosceptiques y sont opposés et donc que ça peut se jouer à très peu", avance-t-elle.

REFUS DE NOUVELLES CONTRAINTES

Marine Le Pen prône également "le blocage de tout nouveau transfert de souveraineté, le refus de toute nouvelle contrainte imposée par l'Union européenne et le refus de tout nouvel élargissement."

Si, comme elle l'espère, le FN arrive en tête le 25 mai devant l'UMP et le Parti socialiste, la dirigeante du FN réclamera une dissolution de l'Assemblée nationale et un changement du mode de scrutin aux élections législatives.

"Les Français sont en désaccord avec la construction européenne, ils l'ont déjà dit une fois en 2005" lors du référendum sur le traité de Lisbonne, explique-t-elle. "Or, le mode de scrutin fait de l'Assemblée nationale une structure qui ne représente pas cette opposition."

"Quand il y a une crise politique, la seule solution c'est de revenir au peuple", ajoute Marine Le Pen.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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