En Suède, l'extrême droite ignore les européennes, lorgne les législatives
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En Suède, l'extrême droite ignore les européennes, lorgne les législatives
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par Johan Ahlander
STOCKHOLM (Reuters) - Contrairement à la tendance observable dans le reste de l'Union européenne, les Démocrates, parti suédois anti-immigration, peinent à mobiliser leurs troupes en vue des élections européennes et préfèrent parier sur un succès aux législatives programmées en septembre.
En 2009, le scrutin européen s'était soldé sur un score de 3,3% pour le parti. Deux sondages publiés cette semaine donnent les Démocrates à 5,7 et 6,3% des intentions de vote, soit le niveau de leur performance aux législatives de 2010 (5,7% des suffrages) qui leur avait permis de faire leur entrée au Parlement.
Mais Jimmy Akesson, qui préside le parti d'extrême droite, refuse de comparer élections européennes et scrutin national et note que même si ces intentions de vote sont confirmées dans les urnes, ce ne sera pas un coup d'arrêt à la progression des Démocrates.
"Il est évident que nos électeurs sont très réticents à participer aux élections européennes", dit-il dans une interview par téléphone accordée à l'agence Reuters. "Nous pensions que cela aurait changé un peu depuis 2009, mais il semble que tout se passe comme si nos électeurs étaient très sceptiques à l'idée même d'aller voter."
A l'échelle du continent, la droite nationaliste et l'extrême droite européennes semblent en passe d'enregistrer d'importants gains lors des élections, étalées entre les 22 et 25 mai dans les 28 Etats membres de l'UE.
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C'est particulièrement vrai en Grande-Bretagne où l'UKIP, la formation eurosceptique de Nigel Farage, pourrait émerger en tête avec 29% des intentions de vote, et en France, où le Front national de Marine Le Pen est donné entre 20 et 24%, au coude à coude avec les listes UMP.
PARTICULARISME
Mais les Démocrates suédois ont la particularité de ne pas avoir fait de l'Union européenne un thème central de leur programme politique, observe Ulf Bjereld, qui enseigne la science politique à l'université de Göteborg.
"Certains partis, comme l'UKIP par exemple, sont essentiellement conçus comme des parti eurosceptiques. Mais pour l'électeur lambda des Démocrates suédois, l'opposition à l'UE n'est pas le facteur essentiel. On vote pour eux parce qu'on veut une autre politique d'immigration", explique-t-il.
Dans cette année électorale chargée, les Démocrates préfèrent donc concentrer leurs efforts sur les législatives du 14 septembre.
A raison semble-t-il, puisque le décalage entre scrutin européen et scrutin national se mesure dans les intentions de vote: alors qu'ils sont donnés à moins de 6% pour les européennes, les Démocrates sont crédités d'environ 8% des intentions de vote pour les législatives.
Jimmy Akesson, qui s'efforce depuis son arrivée à la tête des Démocrates d'en éloigner les attributs les plus marqués à l'extrême, pense même pouvoir porter le parti entre 9 et 14% des suffrages en septembre.
Il compte exploiter pour cela les effets de la récession économique, les inquiétudes sur la survie de l'Etat-providence et le débat sur le poids de l'immigration.
"Aujourd'hui, les gens établissent un lien entre le problème de l'immigration et les coûts croissants de l'Etat-providence, la chute des résultats scolaires, etc.", assure Akesson, dont le parti promet de réduire massivement l'immigration (autour de 80-90%).
L'an dernier, 37% des personnes interrogées jugeaient que la Suède comptait trop d'immigrés. Ils sont désormais 44%, selon un sondage réalisé pour la télévision suédoise.
"Chaque voix qui se porte sur nous est un signal très clair du mécontentement des électeurs à l'égard de la politique de l'immigration des autres partis. Plus nous aurons de voix, plus il deviendra difficile pour ces autres partis de maintenir les politiques qui sont actuellement les leurs", note Akesson.
(avec Simon Johnson; Henri-Pierre André pour le service français, édité par Eric Faye)
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