Votation dimanche en Suisse sur un salaire minimum de 3.300 euros
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par Silke Koltrowitz
ZURICH (Reuters) - Les chefs d'entreprises suisses, déjà malmenés par la votation en faveur d'une limitation de leurs rémunérations, attendent avec inquiétude l'issue de celle de dimanche sur l'instauration d'un salaire horaire minimum de 22 francs suisses (18 euros).
Selon un sondage réalisé récemment par gfs.bern, 64% des électeurs sont hostiles à cette proposition de l'Union syndicale suisse (USS), soutenue par les socialistes et les verts, mais une surprise n'est pas exclue, comme l'ont montré d'autres consultations.
Les Suisses se sont ainsi prononcés en février pour la réintroduction de quotas d'immigration avec l'Union européenne.
"Je suis mal à l'aise par rapport à la prochaine votation", reconnaît Ralph Müller, chef de service chez Schurter, un fabriquant de composants électroniques.
"Il faudrait augmenter considérablement les salaires dans notre usine de Mendrisio, où 80 de nos 100 employés sont des frontaliers italiens, mais aussi le traitement de notre personnel mieux loti. Cela nous coûterait environ 250.000 francs par an", ajoute-t-il.
En novembre, les Suisses se sont opposés au plafonnement du salaire des chefs d'entreprises à 12 fois celui de leur salarié le moins bien payé, mais ont accordé aux actionnaires le droit de limiter leur rémunération.
UN INSTRUMENT "PAS ADÉQUAT", POUR BERNE
Tel qu'il est proposé, c'est-à-dire à 4.000 francs suisses (3.300 euros) par mois, le salaire minimum serait le plus élevé au monde, y compris rapporté au coût de la vie dans la Confédération, souligne le gouvernement.
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Son entrée en vigueur pourrait menacer les petites entreprises, voire certaines branches comme le commerce de détail, le tourisme, l'agriculture ou la restauration, a averti en février Johann Schneider-Ammann, conseiller fédéral chargé de l'Economie.
"L'instrument du salaire minimum n'est pas adéquat, puisqu'il remet en cause des mécanismes de partenariat social qui ont fait leurs preuves depuis des décennies (...)
La flexibilité dans la fixation des salaires, selon les branches et les régions, est l'un des secrets de la prospérité de la Suisse", avait-il ajouté.
Pour l'USS, le salaire minimum ne se traduirait pas par une hausse du chômage mais encouragerait au contraire les citoyens qui vivent de prestations sociales à trouver un emploi mieux rémunéré.
Quelque 330.000 salariés suisses, principalement des femmes, occupent des postes à temps partiel rémunérés moins de 4.000 francs, un niveau qui ne leur permet pas de vivre de manière décente dans un pays où le niveau de vie est élevé, explique l'USS.
(Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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