Pour Poutine, l'avenir des Tatars de Crimée est lié à la Russie
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par Denis Dyomkin
SOTCHI Russie (Reuters) - Vladimir Poutine a rencontré jeudi à Sotchi des représentants de la minorité tatare de Crimée et leur a promis une amélioration de leurs conditions de vie dans la république autonome s'ils acceptent l'idée que leur avenir est lié à celui de la Russie.
La rencontre s'est déroulée deux jours avant le 70e anniversaire de la déportation ordonnée par Joseph Staline en 1944 des membres de cette communauté musulmane sunnite vers l'Asie centrale.
De nombreux Tatars, minorité d'origine turque qui représente environ 12% des deux millions d'habitants de la Crimée, avaient péri lors de cette déportation.
Un forum de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), consacré cette semaine aux droits de l'homme et à la démocratie, a noté que la situation des Tatars était "particulièrement précaire".
Vladimir Poutine a signé en avril un décret de réhabilitation en faveur de cette minorité, lui promettant "d'établir des conditions de vie normale et de créer les conditions pour un développement fort du peuple tatar de Crimée dans leur patrie".
Malgré cette main tendue, Vladimir Poutine n'a pas encore convaincu tous les dirigeants de la communauté de se rallier à sa politique en Crimée.
Beaucoup ont boycotté le référendum d'autodétermination organisé le 16 mars qui avait vu la population locale se prononcer à 97% en faveur d'un rattachement à la Fédération de Russie.
"Nous sommes prêts à travailler avec tout le monde mais aucun d'entre nous ne peut permettre que le peuple tatar de Crimée devienne une monnaie d'échange dans les contentieux, en particulier dans les contentieux entre la Russie et l'Ukraine", a dit Poutine.
Sans le nommer, le chef du Kremlin faisait référence à l'ancien dissident soviétique Moustafa Djemilev, 70 ans, ex-président de l'Assemblée tatare de Crimée qui est aujourd'hui membre du parlement ukrainien et s'est prononcé contre le référendum.
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"Je comprends que certaines personnes ont fait beaucoup pour les Tatars de Crimée et qu'elles ont lutté pour leurs droits pendant des décennies", a poursuivi Poutine. "Mais aujourd'hui, nous devons tous nous rendre compte que les intérêts des Tatars de Crimée sont liés à ceux de la Russie".
"Personne ne peut défendre les intérêts des Tatars de Crimée qui vivent en Russie, en Crimée, en siégeant aux parlements d'autres pays. Cela n'a pas de sens. C'est une plaisanterie", a-t-il dit.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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