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Jérôme Kerviel rentre en France, la justice prête à l'arrêter

reuters.com

Publié le 18 mai 2014 à 07:35 - Mis à jour le 18 mai 2014 à 20:20

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VINTIMILLE Italie (Reuters) - Jérôme Kerviel a repris dimanche soir sa marche vers la France où la justice l'attend pour purger sa peine de prison, après avoir d'abord déclaré qu'il resterait en Italie où il s'exposait à un mandat d'arrêt européen.

L'ex-trader de la Société Générale avait dans un premier temps assuré qu'il attendrait en Italie une réponse de François Hollande à sa demande d'immunité judiciaire pour des témoins des "dysfonctionnements" qui ont, dit-il, entaché son procès.

Mais il a finalement changé d'avis dimanche soir. "Rien de tout cela n'est de la com'", a déclaré Jérôme Kerviel sur i>TELE en reprenant en milieu de soirée à Vintimille, en Italie, sa marche vers la France.

"Le combat continuera quoi qu'il arrive, la Société Générale et la finance en général n'ont pas fini d'entendre parler de moi", avait-il auparavant dit à la presse.

Le parquet général de Paris l'a invité à se rendre avant dimanche minuit au commissariat de Menton (Alpes-Maritimes) afin d'exécuter sa peine de trois ans de prison ferme pour une perte record en 2008 à la Société Générale.

Tout en assurant ne jamais avoir "fui" ses responsabilités, Jérôme Kerviel est resté flou dimanche soir sur ses intentions une fois la frontière franco-italienne passée, se contentant de dire qu'il marchait.

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Il peut choisir de se rendre avant minuit, ou attendre d'être interpellé en continuant sa marche vers Paris. Il devrait arriver à Menton vers minuit.

CAZENEUVE LUI CONSEILLE DE SE RENDRE

Dans un communiqué diffusé dimanche, le parquet général de Paris indiquait qu'il serait considéré "en fuite" à l'expiration de son délai de convocation et qu'un mandat d'arrêt européen serait délivré à son encontre s'il se trouvait alors en Italie.

Déplorant "l'empressement" de la justice, son avocat David Koubbi avait demandé un sursis à exécution de sa peine, rappelant que le parquet disposait d'un délai de cinq ans pour le faire incarcérer.

Samedi, l'Elysée avait fait savoir qu'une éventuelle demande de grâce présidentielle -rejetée par l'intéressé, qui estime que cela reviendrait à admettre sa culpabilité- serait examinée selon les procédures habituelles et que toute demande d'aménagement de peine devait être soumise à la justice.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lui a "conseillé" dimanche de se rendre. "Dans la République (...) on respecte l'autorité de la chose jugée", a-t-il dit dans l'émission "Tous Politiques" sur France Inter et France 24, en partenariat avec Le Parisien. "Je ne me laisse pas impressionner par la scénographie."

Le ministre des Finances Michel Sapin a quant à lui eu des mots très durs pour l'ancien trader de 37 ans, qu'il a qualifié "d'escroc". "Il est dans l'insulte, moi je suis dans le respect", a réagi Jérôme Kerviel sur i>TELE, soulignant qu'il n'avait pas été condamné pour escroquerie.

"TAPAGE MÉDIATIQUE"

La Cour de cassation a confirmé fin mars la condamnation pénale de Jérôme Kerviel pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé, mais a cassé les dispositions civiles de l'arrêt l'obligeant à payer 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts.

La justice devra se prononcer lors d'un nouveau procès au civil sur le préjudice financier de la banque et le montant des dommages qui lui sont imputables.

Jérôme Kerviel, qui a entamé une marche entre Rome et Paris contre la "tyrannie des marchés" en février, a toujours dit que la Société Générale savait qu'il prenait des positions vertigineuses non couvertes.

Selon lui, une étude comptable et financière permettrait de démontrer que la banque a gonflé ses pertes lorsqu'elle a débouclé ses positions de 50 milliards d'euros.

Il a porté plainte contre son ancien employeur pour faux et usage de faux, escroquerie au jugement et subornation de témoins, des plaintes jugées "abusives" par la banque qui estime qu'elles relèvent de la "dénonciation calomnieuse".

La Société Générale, condamnée en 2008 par la commission bancaire à une amende de 4 millions d'euros pour défaut de contrôle, a reconnu des "défaillances" - depuis réparées - dans son système au moment des faits mais a toujours nié avoir fait preuve de négligence fautive.

Elle a dénoncé samedi la "violence du tapage médiatique orchestré" par son ancien trader, mêlant selon elle "mensonges, amalgames et approximations".

(Matthias Galante à Vintimille et Chine Labbé à Paris, avec Elizabeth Pineau et Yann Le Guernigou)

reuters.com

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