La France condamne les violences à Kidal et appelle au dialogue
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par Tiemoko Diallo et Marine Pennetier
BAMAKO/PARIS (Reuters) - La France a condamné lundi les violences qui ont éclaté ce week-end à Kidal, théâtre d'un regain de tension entre les forces maliennes et les séparatistes touareg, et a appelé au dialogue à l'heure où le processus de réconciliation est au point mort.
Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans les affrontements meurtriers qui ont opposé samedi l'armée et des groupes armés lors de la visite du Premier ministre Moussa Mara à Kidal, fief de rebelles touareg.
Il s'agit des heurts les plus violents depuis le lancement de l'opération française Serval au Mali en janvier 2013 contre les groupes islamistes armés, dont Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui ont occupé pendant neuf mois en 2012 le nord du pays.
Parmi les victimes des affrontements de samedi figurent notamment au moins huit soldats maliens, selon l'armée, ainsi que six fonctionnaires et deux civils, selon la mission des Nations unies (Minusma).
Une trentaine de fonctionnaires ont par ailleurs été enlevés par les séparatistes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) lors d'une attaque lancée contre les bureaux du gouverneur.
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Dans un entretien téléphonique avec son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta, François Hollande a appelé à leur libération immédiate et a dénoncé des "violences inacceptables", selon un communiqué de l'Elysée.
PASSIVITÉ
Au Quai d'Orsay, le porte-parole du ministère Romain Nadal a indiqué que "rien ne saurait justifier de tels actes alors que tous les efforts doivent tendre au dialogue et à la réconciliation, conformément aux décisions du conseil de sécurité des Nations unies."
Dans un contexte de vive tension, le Premier ministre malien a déclaré dimanche l'état de guerre, égratignant au passage la "passivité" des forces internationales déployées dans le pays.
"Le moins qu'on pouvait attendre de la Minusma et de Serval, c'était de s'assurer que les bureaux du gouverneur ne soient pas attaqués", a-t-il dit.
Les forces françaises, qui assuraient samedi la sécurisation du déplacement du Premier ministre, "n'ont pas vocation à intervenir dans les tensions entre Maliens", soulignait-on lundi à l'état-major des armées françaises.
"Notre mission est de combattre les groupes terroristes armés" qui sévissent encore dans le nord du pays, a-t-on ajouté. A l'heure actuelle, 1.600 soldats français sont encore déployés au Mali aux côtés des forces de la Minusma et des forces maliennes.
La France, qui a annoncé début mai la fin de la phase de "guerre frontale" contre les groupes djihadistes au Mali, prévoit une réorganisation de ses forces dans la région. Un millier de soldats resteront déployés au Mali, près de Gao, et 3.000 autres seront déployés sur la bande sahélo-saharienne.
Dans une interview à RFI lundi, Moussa Mara a accusé deux groupes de rebelles touareg, le MNLA et le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad, d'être derrière l'attaque lancée samedi et d'être soutenus par des groupes islamistes, dont AQMI.
LE PROCESSUS DE RÉCONCILIATION PIÉTINE
Le MNLA affirme de son côté n'avoir fait que riposter à une attaque de l'armée. Le mouvement a occupé le nord du Mali à la faveur d'un coup d'Etat de mars 2012 à Bamako avant d'en être évincé par ses ancien alliés islamistes qui ont à leur tour été en partie délogés à la suite de l'intervention des soldats français de l'opération Serval.
Les violences de ce week-end risquent d'enliser encore davantage le processus de réconciliation engagé entre l'Etat et les groupes armés touareg du Nord qui piétine malgré la promesse du Premier ministre début avril d'accélérer le calendrier.
En visite à Paris, la vice-secrétaire d'Etat américaine pour l'Afrique Linda Thomas-Greenfield a fait part de la vive préoccupation des Etats-Unis.
"C'est important que le gouvernement continue de parler avec (le MNLA) et oeuvre à une réconciliation qui les ramènera tous les deux" dans le processus, a-t-elle dit à des journalistes.
La question de la réconciliation nationale devrait être évoquée mardi lors de la visite mardi à Alger du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui sera en fin de semaine au Mali.
"La priorité c'est la stabilisation", estime un diplomate français. "C'est un peu tôt pour se lancer dans des interprétations sur le fait que ça va remettre en cause tout le processus engagé. Ca fait longtemps que c'est tendu."
(Avec John Irish à Paris, édité par Yves Clarisse)
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