Les enseignants nigérians en grève contre le rapt des lycéennes
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DUGURI Nigeria (Reuters) - Les professeurs nigérians se sont mis en grève et ont manifesté dans plusieurs villes du pays jeudi pour protester contre l'enlèvement de plus de 200 lycéennes par Boko Haram ainsi que les assassinats d'enseignants par la secte islamiste.
"Toutes les écoles du pays devraient être fermées en ce jour de protestation contre le rapt des lycéennes de Chibok et le meurtre cruel de 173 professeurs", a déclaré le président du Syndicat national des enseignants (NUT, National Union of Teachers), Micheal Alogba Olukoya, à la presse.
Selon lui, Boko Haram, dont le nom en langue haoussa signifie "l'éducation occidentale est un péché", a assassiné 173 professeurs depuis le début de l'insurrection, il y a cinq ans.
Des hommes armés de Boko Haram ont fait irruption le 14 mai dans une école de la ville de Chibok, dans le nord-est, et enlevé environ 250 lycéennes. Une cinquantaine ont réussi à s'échapper mais au moins 200 autres sont toujours entre leurs mains et on ignore ce qu'elles sont devenues. Boko Haram a menacé de les vendre comme esclaves.
A Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno dans le Nord-Est, environ quarante enseignants ont défilé aux cris de "Ramenez-nous nos filles !". "Les écoles vulnérables doivent être clôturées", pouvait-on lire sur des pancartes. Le cortège était escorté par des militaires.
Dans le Sud, à Lagos, poumon économique du pays, environ 350 enseignants se sont rassemblés dans le parc Gani Fawehinmi. L'un deux brandissait une pancarte sur laquelle ont pouvait lire : "Vous ne nous intimidez pas".
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"La vie d'enfants est menacée, ils sont kidnappés, volés, mutilés, nous disons que cela doit cesser", a déclaré Ojo Veronica, une enseignante interrogée par Reuters Television.
L'enlèvement des lycéennes a soulevé une vague d'indignation mondiale. Le président américain Barack Obama a annoncé mercredi l'envoi de 80 militaires au Tchad pour participer aux recherches.
On estime que Boko Haram, qui milite pour la création d'un Etat islamique, a fait environ 5.000 morts depuis 2009.
(Joe Penney, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief)
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