RPT-Les Syriens de l'étranger votent pour la présidentielle
reuters.com

Les Syriens de l'étranger votent pour la présidentielle
reuters.com
reuters.com

Les Syriens de l'étranger votent pour la présidentielle
reuters.com
par Oliver Holmes
BEYROUTH (Reuters) - Bien lire mercredi dans le premier paragraphe.
Les Syriens de l'étranger, expatriés ou réfugiés ayant fui la guerre, votaient jeudi en anticipation de l'élection présidentielle syrienne du 3 juin pour laquelle le président Bachar al Assad brigue un troisième septennat et que ses opposants qualifient de farce.
Selon la télévision d'Etat syrienne, des bureaux de vote ont été mis en place dans 43 ambassades. Elle a diffusé des images de Kuala Lumpur, Téhéran et d'Amman.
Plusieurs pays opposés à Bachar al Assad, dont la France, ont interdit l'organisation du scrutin sur leur sol. En organisant ce scrutin malgré plus de trois ans de combats qui ont fait 160.000 morts et des millions de réfugiés, les autorités syriennes entendent montrer leur capacité de résistance.
Au Liban, où vivent un million de Syriens, pour la plupart réfugiés, un service d'autocar vers l'ambassade de Syrie à Beyrouth était organisé pour les électeurs. Les véhicules ont embouteillé l'une des trois grandes autoroutes de la capitale libanaise. Hommes et femmes agitaient le drapeau syrien et brandissaient des portraits de Bachar al Assad.
L'entrée de l'ambassade de Syrie était complètement obstruée mercredi par les milliers de personnes venus voter sous la surveillance des blindés de l'armée libanaise tandis que les pompiers aspergeaient d'eau la foule écrasée de soleil.
Des réfugiés ont dit à Reuters avoir été incités à voter par des groupes libanais pro-Assad. Certains affirmaient que ceux qui ne voteraient pas se verraient interdire de retourner en Syrie.
"LE SEUL CHOIX POSSIBLE"
Parmi les votants interrogés à l'intérieur de l'ambassade, aucun n'a dit avoir voté pour un des deux candidats autres que Bachar al Assad, l'homme d'affaires Hassan Abdallah al Nouri et le député Maher Abdel-Hafiz Hadjjar.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Dieu, la Syrie et Bachar seulement", criait la foule des hommes à l'intérieur de la salle de vote. Les volontaires ayant aidé à organiser l'élection étaient nombreux à porter des T-shirts pro-Assad.
"C'est le seul choix possible. Il écrasera les terroristes", affirme Radouane Saïd, 23 ans, de la province syrienne de Rakka.
A la télévision syrienne, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faiçal Mekdad, s'est dit "surpris par les décisions non démocratiques prises par des pays qui disent être démocratiques, comme les gouvernements français, belge et bulgare, mais qui ne sont pas dans la ligne du droit international."
L'Union européenne a fait savoir que l'organisation d'une élection "en plein milieu d'un conflit, seulement dans les zones contrôlées par le régime et avec des millions de Syriens déplacés serait une parodie de démocratie, n'aurait aucune crédibilité et saperait des efforts pur parvenir à une solution politique."
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a lui aussi déclaré que ce genre de scrutin était "incompatible" avec les discussions de paix de Genève sur la recherche d'une transition politique, qui ont été interrompues en février, mais que les deux parties ont accepté de poursuivre.
Mercredi, de nombreux électeurs arboraient des drapeaux du Hezbollah chiite libanais, qui a envoyé des combattants se battre en Syrie aux côtés de l'armée de Bachar al Assad.
(Danielle Rouquié pour le service français)
reuters.com