Obama veut répondre aux critiques sur sa politique étrangère
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par Steve Holland
WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama entend répondre mercredi aux critiques persistantes sur son action en matière de politique étrangère, dans un discours à l'Académie militaire de West Point axé sur de nouveaux efforts pour lutter contre le terrorisme.
A l'occasion de la remise des diplômes aux élèves-officiers, le président américain exposera sa vision du rôle des Etats-Unis dans le monde, celle d'une puissance s'appuyant sur la diplomatie internationale pour atteindre ses objectifs, de préférence à une action unilatérale.
Barack Obama redéfinira la stratégie américaine de lutte contre le terrorisme en tenant compte d'une menace plus disparate, moins focalisée sur l'Afghanistan, et en déployant de nouveaux moyens dans des régions comme l'Afrique du Nord.
Quelques heures avant son discours, la Maison blanche a annoncé la création d'un fonds de lutte contre le terrorisme doté de cinq milliards de dollars (3,7 milliards d'euros) pour former et équiper des pays partenaires contre "l'extrémisme violent et l'idéologie terroriste".
Sur la Syrie, le président des Etats-Unis devrait afficher son intention de renforcer l'aide à l'opposition modérée, hors formations islamistes extrémistes.
Selon le secrétaire d'Etat John Kerry, qui s'exprimait mercredi matin sur CBS News, le président américain envisage "d'accroître les efforts avec les alliés (...) pour faire cesser le massacre qui se déroule en Syrie".
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"UNE INDÉCISION QUI INQUIÈTE"
La volonté de Barack Obama de privilégier la diplomatie et de sortir le pays de ses conflits à l'étranger lui vaut de vives critiques de la part de ses opposants républicains et de certains spécialistes de politique étrangère, qui préféreraient le voir opter pour une approche plus énergique.
"Il y a une indécision et une prudence extrêmes qui ne font qu'inquiéter", estime le sénateur Bob Corker, le plus haut représentant du Parti républicain à la commission sénatoriale des Affaires étrangères.
"Je ne suis pas pour qu'on fasse la police dans le monde entier mais notre absence de leadership a créé un vide où des problèmes se sont engouffrés", ajoute-t-il.
Les adversaires d'Obama lui reprochent de ne pas être intervenu plus fermement en Syrie, en Ukraine lors de l'annexion par Moscou de la péninsule de Crimée, ou dans les différends territoriaux qui opposent la Chine à ses voisins en mer de Chine du Sud.
"Obama annonce des idées et des concepts et au bout du compte, plusieurs mois ou un an plus tard, on se demande: bon, qu'est-ce qu'il en reste?" déplore Anthony Cordesman, expert au Center for Strategic and International Studies (CSIS).
A la Maison blanche, on rejette ces accusations, notant que la solution que sous-entendent les détracteurs du président est l'action militaire, majoritairement rejetée par l'opinion après plus de dix années de guerre en Irak et en Afghanistan qui ont coûté la vie à des milliers de GIs.
Sur la Syrie, réplique-t-on, Obama a réussi à contraindre le président Bachar al Assad à restituer son arsenal chimique. Sur l'Ukraine, la menace de sanctions a conduit Vladimir Poutine à réfléchir à deux fois avant de pousser ses pions davantage, et Washington a fermement protesté contre les initiatives chinoises en mer de Chine méridionale.
Dans un discours prononcé la semaine dernière à l'Université de Yale, John Kerry a assuré que les Etats-Unis n'entendaient pas passer de l'interventionnisme excessif de la dernière décennie à un excès d'isolationnisme aujourd'hui.
"Je tiens pour certain que la plupart des autres pays du monde ne se réveillent pas la nuit en s'inquiétant de la présence de l'Amérique: ils s'inquiètent de ce qui se produirait en notre absence", a déclaré le secrétaire d'Etat américain.
(avec Susan Heavey et Jeff Mason; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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