La police au parc Gezi à Istanbul un an après les manifestations
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La police au parc Gezi à Istanbul un an après les manifestations
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par Ayla Jean Yackley
ISTANBUL (Reuters) - La police turque a fermé samedi le parc Gezi à Istanbul, centre des grandes manifestations du printemps 2013, dans le but d'empêcher une cérémonie de commémoration prévue dans la soirée.
Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, sur qui s'était concentrée la colère des manifestants l'an dernier, a demandé à la population de ne pas se rendre sur la place Taksim, attenante au parc, disant que les forces de sécurité avaient reçu des consignes strictes de maintien de l'ordre.
Samedi, la police anti-émeute était déployée tout autour du périmètre de Gezi et plusieurs centaines de policiers en civil armés de matraques patrouillaient dans la rue Istiklal, l'artère commerçante menant à Taksim. La situation était calme à la mi-journée. Selon la presse, 25.000 policiers ont été mobilisés en prévision de la manifestation de samedi soir.
Taksim Solidarité, un des organisateurs du mouvement de protestation de l'an dernier, a appelé à un rassemblement à Taksim pour 19h00 (16h00 GMT).
Le 31 mai 2013, la police avait évacué par la force les manifestants qui occupaient pacifiquement le parc Gezi depuis plusieurs jours pour demander au gouvernement de revenir sur son projet de raser cet espace vert pour le remplacer par un centre commercial.
Mis en colère par ce recours à la violence, des dizaines de milliers de personnes de diverses sensibilités politiques étaient descendues sur Gezi et avaient occupé la place Taksim pendant environ deux semaines avant que les autorités ne finissent par faire évacuer les lieux.
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A L'EFFIGIE DES MORTS
Beaucoup avaient stigmatisé à ce moment-là l'autoritarisme croissant dont faisait preuve à leurs yeux le Premier ministre après dix années de pouvoir.
Six personnes, dont un policier, sont mortes lors des manifestations de 2013, qui s'étaient étendues aux autres grandes villes turques. Le bilan des manifestations dans les mois qui ont suivi est environ le même.
"Nos forces de l'ordre ont des ordres clairs. Elles feront ce qui est nécessaire de A à Z", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'une cérémonie à Istanbul diffusée en direct sur la chaîne de télévision NTV.
Samedi, certaines personnes présentes aux abords de Gezi, portaient de T-shirts à l'effigie des morts de 2013.
"Nous sommes là pour porter leur deuil et montrer que nous restons fermes, quels que soient les obstacles qui seront dressés", a déclaré Elif Cetinkaya, 45 ans, venu en ramille.
Le mouvement de protestation de 2013 a semblé avoir eu de conséquences sur l'AKP, le Parti de la justice et du développement au pouvoir, qui a remporté haut la main les élections municipales au mois de mars. Mais Gezi est resté un parc, un des rares espaces verts du centre d'Istanbul.
La station de métro Taksim a été fermée ainsi que les artères menant à la place. Le service de navettes sur le détroit du Bosphore entre les deux rives d'Istanbul a également été supprimé, sur ordre du gouverneur, dit la ligne des ferries sur son site internet.
(Danielle Rouquié pour le service français)
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