Karzaï critique l'échange de taliban contre un sergent américain
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McCain critique l'échange de taliban contre le sergent Bergdahl
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McCain critique l'échange de taliban contre le sergent Bergdahl
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KABOUL (Reuters) - Le président afghan Hamid Karzaï se plaint d'avoir été laissé dans l'ignorance d'un accord prévoyant la libération d'un sergent américain en échange de cinq taliban, a-t-on appris lundi de source haut placée à Kaboul
Bowe Bergdahl, libéré après cinq ans de captivité aux mains des taliban en Afghanistan, est arrivé dimanche en Allemagne où il a été conduit à l'hôpital de l'US Army à Landstuhl, en Rhénanie-Palatinat.
Il devrait ensuite être transféré dans un autre établissement médical à San Antonio, au Texas, à une date qui n'a pas été précisée, a-t-on ajouté de source militaire américaine. Le sergent Bergdahl a été libéré samedi en échange du transfert au Qatar de cinq taliban détenus depuis 2002 sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba. "Le président est aujourd'hui encore plus méfiant quant aux intentions des Etats-Unis pour ce pays", a déclaré la source proche de la présidence. "Il s'interroge. Comment cet échange de prisonniers a-t-il si bien fonctionné, alors que le processus de paix afghan n'a pas enregistré le moindre progrès significatif?"
Hamid Karzaï soutient le principe de pourparlers de paix avec les taliban, mais les négociations n'ont rien donné et les insurgés islamistes ont rapidement fait savoir que la libération du sergent Bergdahl n'aiderait en rien la poursuite de discussions entre Kaboul et les "étudiants en religion".
"Cela n'aidera le processus de paix en aucune façon, parce que nous ne croyons pas dans ce processus de paix", a déclaré dimanche Zabihullah Mujadid, le porte-parole du mouvement.
UN "PRIX DANGEREUX" À PAYER
Aux Etats-Unis, l'accord a également été critiqué par l'opposition républicaine. Le sénateur John McCain a estimé que les cinq taliban libérés étaient extrêmement dangereux et risquaient de retourner au combat.
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"Ces gens sont les plus dangereux parmi les plus dangereux", a dit John McCain dans l'émission "Face the Nation" sur CBS.
"D'autres qui ont été libérés sont retournés au combat, nous en avons la preuve", a ajouté le sénateur de l'Arizona. "Je suis perturbé par le fait que les taliban soient ceux qui aient désigné ceux qui devaient être libérés."
D'autres élus du Parti républicain ont critiqué cet accord, dont Ted Cruz, le sénateur du Texas, qui a parlé d'un "prix dangereux" à payer. Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, qui s'est rendu en Afghanistan, a déclaré que le gouvernement de Doha allait prendre les mesures nécessaires pour que les cinq hommes soient bien surveillés et ne représentent aucun danger pour les Etats-Unis.
Il a également indiqué que la libération du sergent Bergdahl était le produit d'une médiation menée par les autorités qataries et que l'administration Obama n'avait pas négocié avec les taliban.
"Nous n'avons pas négocié avec les terroristes", a-t-il dit sur NBC. "Ainsi que je l'ai déjà dit et expliqué, le sergent Bergdahl était un prisonnier de guerre. Nous sommes dans un processus normal visant à récupérer nos prisonniers."
Une source dans le Golfe a confirmé que les cinq taliban relâchés par les Etats-Unis étaient arrivés dimanche à Doha, la capitale du Qatar, où leurs familles ont également été acheminées. Ils y feront l'objet d'une mesure d'interdiction de sortie du territoire pendant un an.
L'échange est le résultat de plusieurs années de tractations indirectes chaotiques, relancées en novembre dernier, dans lesquelles le Qatar a servi de médiateur.
Bowe Bergdahl, qui est âgé de 28 ans, a été relâché samedi, apparemment en bonne santé, dans l'est de l'Afghanistan et remis aux forces spéciales de l'US Army en présence de dix-huit taliban. Il avait été capturé en juin 2009 dans l'est du pays, deux mois environ après son arrivée.
(Guy Kerivel, Patrick Vignal et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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