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La réforme territoriale suscite déjà des divisions

reuters.com

Publié le 03 juin 2014 à 05:33 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:09

Manuel Valls exclut un référendum sur la réforme territoriale

Manuel Valls exclut un référendum sur la réforme territoriale

reuters.com

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PARIS (Reuters) - La réforme territoriale voulue par François Hollande se heurte à peine annoncée à l'hostilité d'élus mécontents du redécoupage de la France et d'une partie de la classe politique qui dénoncent un bricolage ou fustigent la création de "grandes féodalités".

Le projet redessine la carte de France en 14 régions métropolitaines contre 22 actuellement, prévoit la montée en puissance de l'intercommunalité et fixe comme objectif la disparition des conseils généraux pour 2020.

Saluant un projet "porteur de beaucoup d'espoir", le président de l'association des régions de France (ARF), le socialiste Alain Rousset, a appelé à "dépasser les clivages sur les réformes essentielles" et à soutenir François Hollande.

"On ne peut pas lui reprocher d'être immobile, et en même temps, quand il réforme, lui dire 'vous allez trop vite'", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Mais sur le terrain, la nouvelle carte annoncée lundi soir fait grincer des dents. Des élus déplorent le manque de concertation, d'autres refusent le mariage forcé et certains sont déçus de ne pas pouvoir s'unir à d'autres.

Les débats se crispent sur la fusion des régions Poitou-Charentes, Limousin et Centre, ou encore sur le statu quo pour la région Pays de la Loire ou la fusion de la Picardie avec Champagne Ardennes.

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Pour Christian Bourquin, le président socialiste du Languedoc-Roussillon, qui refuse le mariage avec Midi-Pyrénées, la réforme est "une carte des copains" dans laquelle sa région a été "sacrifiée".

Pour désamorcer la fronde, le Premier ministre, Manuel Valls, a promis que la réforme allait "forcément évoluer" à partir du moment où elle sera débattue, d'abord au Sénat puis à l'Assemblée nationale. Deux textes devraient être examinés en conseil des ministres le 18 juin.

UN DÉCOUPAGE PLUS FIN ?

Mais pour Alain Rousset, il ne pourrait s'agir que "d'ajustements, d'un découpage plus fin". "Si le Parlement s'engageait sur des coups de ciseaux, je ne suis pas sûr que le résultat soit positif", a-t-il dit.

Sur le fond, la réforme est source de nouvelles divisions à gauche.

Les Radicaux de gauche, désormais seuls alliés du PS, dénoncent un "coup de force" allant dans "le sens inverse" de la décentralisation visant à rapprocher le pouvoir du citoyen.

Chez les écologistes, les avis sont partagés. La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, appelle à ne "pas gâcher une belle réforme".

Mais le député François De Rugy estime sur Twitter qu'il s'agit "d'un redécoupage des régions sur un coin de table et le pouvoir d'un seul homme avec la Ve république".

Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon accuse le chef de l'Etat de "vouloir démanteler la République" et le député communiste André Chassaigne estime juge la réforme "détestable dans la méthode" est prévoit qu'elle aboutira à "désertifier des pans entiers du territoire national".

"BRICOLAGE"

A droite, l'ex-Premier ministre UMP François Fillon approuve le principe d'une réduction du nombre d'échelons territoriaux mais dénonce un redécoupage "totalement désordonné" donnant un sentiment d'improvisation "aux allures de petits arrangements".

"C'est une carte bricolée dans le secret d'un cabinet. Cette réforme ne répond en rien aux enjeux territoriaux et économiques", écrit-il dans un communiqué.

Pour le député UMP Jacques Myard, la réforme territoriale est tout simplement "le retour de la France du Moyen Age et l'institution de nouvelles féodalités"".

Le député UDI François Sauvadet regrette au contraire une réforme "petit bras" qui, au lieu d'avoir "six à huit grandes régions disposant de vraies compétences, structurant le pays", conserve quatorze régions, "dont sept inchangées".

Pour sa part, Marine Le Pen voit dans la création de grosses régions sur le modèle allemand des Länder, "vieille revendication de l'Union européenne", "une menace pour l'unité nationale et l'indivisibilité de la République."

"Rapidement, les grands féodaux à la tête de ces grosses régions sans cohérence se lanceront dans une nouvelle course aux compétences et seront sollicités pour discuter directement avec Bruxelles, passant outre l'échelon national", écrit-elle dans un communiqué.

(Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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