Vladimir Poutine va rencontrer en France ses adversaires occidentaux
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Vladimir Poutine va rencontrer en France ses adversaires occidentaux
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par Timothy Heritage
MOSCOU (Reuters) - Pour la première fois depuis le début de la crise ukrainienne, le président russe Vladimir Poutine va rencontrer les principaux dirigeants occidentaux cette fin de semaine en France, à l'occasion des cérémonies du 70e anniversaire du débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944.
Vertement critiqué par les Etats-Unis et leurs alliés, le maître du Kremlin peut compter sur une popularité croissante dans son pays et, malgré les sanctions occidentales qui ont suivi l'annexion de la Crimée, se sentira en position de force.
Même le boycott du sommet du G8 qu'il devait accueillir cette semaine à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, l'a laissé de marbre.
Finalement, sept des "huit", boudant la Russie, ont pris rendez-vous à Bruxelles. Vladimir Poutine, quant à lui, a décidé d'organiser un sommet économique centré notamment sur l'industrie énergétique, l'un des grands atouts de la Russie.
Le président russe a de bonnes raisons de rechercher l'apaisement dans la crise ukrainienne. Il a en effet atteint ses objectifs en récupérant la Crimée, ukrainienne depuis 1954, et en s'opposant avec succès aux ambitions de l'Otan dans la région.
Il n'a aucun intérêt, pour le moment, à chercher à rattacher les régions russophones du sud-est de l'Ukraine à la Fédération de Russie, comme le demande pourtant une bonne partie de la population de ces régions.
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Les sanctions économiques occidentales ont commencé à faire leur effet sur une partie de l'élite russe, alors que l'économie marque un sérieux ralentissement, et le Kremlin ne veut pas aggraver les choses par des initiatives ou des déclarations qui pourraient être interprétées comme des provocations.
Pour autant, il est probable que Poutine se présentera confiant et sûr de son bon droit aux cérémonies du "Jour J" en France, malgré la crise la plus grave entre l'Ouest et la Russie depuis la fin de la Guerre froide.
OUVERTURES?
Il doit rencontrer le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron.
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision française TF1 et à la radio Europe 1, il assure que la Russie ne contrôle nullement les séparatistes de l'est et du sud de l'Ukraine et ne veut pas annexer ces régions.
Ces dernières semaines, il a cherché à démontrer que son pays n'était pas isolé - accord gazier de 400 milliards de dollars, sur trente ans, avec la Chine, traité sur une "Union économique eurasiatique" signé avec le Kazakhstan et la Biélorussie.
Le président russe est bien conscient des difficultés politiques intérieures de ses interlocuteurs, notamment François Hollande et David Cameron, ainsi que du peu d'empressement des dirigeants des pays européens à imposer de nouvelles sanctions à la Russie, pour des raisons économiques liées à leur approvisionnement énergétique.
En Normandie, Vladimir Poutine sera le représentant d'un pays qui a largement contribué, au prix de millions de morts et d'immenses sacrifices, à la défaite de l'Allemagne nazie.
Et, sans rien concéder à ses adversaires sur son interprétation de la crise, il pourrait faire quelques ouvertures, comme il l'a fait ces derniers jours sur le contentieux gazier entre Kiev et Moscou qui semble en passe de règlement.
Le meilleur scénario pour lui serait un accord qui reconnaîtrait l'annexion de la Crimée par la Russie et l'influence de Moscou sur les régions de l'est et du sud de l'Ukraine, sans toutefois que celles-ci soient absorbées par la Fédération de Russie, dit le politologue Sergueï Karaganov, directeur du Conseil de politique étrangère et de défense.
Un objectif que le président russe, avocat d'une "fédéralisation" de l'Ukraine, semble convaincu d'atteindre.
(Guy Kerivel pour le service français)
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