Lakhdar Brahimi voit la Syrie se transformer en nouvelle Somalie
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BERLIN (Reuters) - La Syrie est en train de se transformer en Etat fantôme où les chefs de guerre font la loi, ce qui fait peser une grave menace pour l'avenir du Proche-Orient, estime l'ancien représentant spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie.
Dans une interview accordée au magazine allemand Der Spiegel publiée dimanche, Lakhdar Brahimi prévient que "toute la région risque d'exploser" si une solution politique au conflit qui déchire le pays depuis plus de trois ans n'est pas rapidement trouvée.
"Le conflit ne va pas rester confiné en Syrie", insiste le diplomate algérien, qui a démissionné le 31 mai de son poste de représentant de l'Onu en tirant les conséquences de l'échec des pourparlers de paix de "Genève II".
Lakhdar Brahimi juge qu'au début du conflit, de nombreux pays ont tablé à tort sur un effondrement rapide du régime de Bachar al Assad et il reproche plus spécifiquement à certains dirigeants arabes d'avoir fait une erreur en soutenant "les efforts de guerre au lieu des efforts de paix".
L'Arabie saoudite et le Qatar, notamment, ont été à la pointe du soutien à la rébellion syrienne.
L'ancien émissaire onusien estime que la situation de la Syrie aujourd'hui peut être comparée à celle de l'Afghanistan des taliban avant les attentats du 11 septembre 2001, "un petit pays, pauvre, lointain (dont) le Conseil de sécurité de l'Onu se désintéresse".
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"À l'époque, je leur avais dit que cela allait leur exploser à la figure. Ça n'a pas manqué", dit-il. "La situation en Syrie est bien plus grave."
Lakhdar Brahimi prédit par ailleurs à la Syrie un destin à la somalienne, où deux décennies de conflit ont détruit toutes les structures étatiques.
"Elle (la Syrie) ne va pas être divisée, comme beaucoup le pensaient. Elle va devenir un État déliquescent dominé par les chefs de guerre."
L'ancien représentant onusien accuse le régime de Bachar al Assad et les rebelles de se rendre quotidiennement coupables de crimes de guerre en utilisant la famine comme arme de guerre, des civils comme boucliers humains ou encore en ayant recours aux armes chimiques.
Il ajoute que d'après "le peu d'éléments en sa possession", au moins une des attaques chimiques, en mars 2013 près d'Alep, pourrait avoir été le fait des insurgés.
"Il semble qu'à Khan al Assal, dans le nord, la première fois que des armes chimiques ont été utilisées, il existe une probabilité qu'elles l'aient été par l'opposition", dit-il.
(Dominic Evans; Tangi Salaün pour le service français)
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