Des organisateurs présumés du mouvement Taksim jugés à Istanbul
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ISTANBUL (Reuters) - Le procès de 26 Turcs accusés d'avoir participé à l'organisation de manifestations l'an dernier contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan s'est ouvert jeudi à Istanbul dans des conditions dénoncées par des organisations de défense des droits de l'homme.
Cinq d'entre eux, qui seront jugés pour constitution d'une organisation criminelle, sont passibles d'une peine de 30 ans de prison. Les autres encourent entre un et trois ans de prison, notamment pour infraction à la loi sur les rassemblements publics.
L'accusation se fonde avant tout sur des messages appelant à la mobilisation diffusés via Facebook ou Twitter.
"Le dossier d'accusation est un scandale absolu, il n'aurait jamais dû être renvoyé devant un tribunal", a dénoncé Andrew Gardner, spécialiste de la Turquie pour Amnesty International.
Il a ajouté, lors d'une conférence de presse organisée cette semaine, que l'accusation ne renfermait aucune preuve de crime selon la définition communément admise par le droit international et par les propres lois turques. "Ce qui est en procès, c'est le droit à des rassemblements pacifiques", a-t-il poursuivi.
La plupart des accusés appartiennent au mouvement Solidarité Taksim créé en mai dernier en opposition à la destruction du parc Gezi, à Istanbul, dans le cadre d'un projet d'urbanisme.
Le mouvement avait débouché sur une contestation plus large de la pratique du pouvoir de Tayyip Recep Erdogan, Premier ministre depuis 2003.
Les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont fait au moins six morts et, selon l'Association des médecins turcs, quelque 10.000 blessés.
En outre, 5.500 personnes ont été traduites devant les tribunaux selon les décomptes d'associations de défense des droits de l'homme.
"Il ne fait aucun doute qu'il règne une atmosphère d'intimidation et de psychose au sein de la société", estime Salil Shetty, le secrétaire général d'Amnesty.
(Ayla Jean Yackley, Henri-Pierre André pour le service français)
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