Un rapport pour la dépénalisation de la drogue en Afrique de l'Ouest
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Un rapport pour la dépénalisation de la drogue en Afrique de l'Ouest
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DAKAR (Reuters) - Les Etats d'Afrique de l'Ouest devraient dépénaliser la consommation de drogue et aborder cette question comme un problème de santé publique, car la "guerre contre la drogue" échouera dans la région comme elle a échoué ailleurs, lit-on dans un rapport d'experts rendu public jeudi.
Dans son rapport, la Commission d'Afrique de l'Ouest sur la drogue estime que la période actuelle, marquée par un reflux des guerres civiles, par un boom de l'économie et une expansion de la démocratie, risque d'être gâchée par la "nouvelle menace destructrice" du trafic de drogue.
"Les consommateurs de drogue ont besoin d'être aidés, pas d'être punis", écrivent des experts indépendants dans le rapport de la commission, que dirige l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan.
"Nous réprouvons totalement les trafiquants et leurs complices, auxquels la loi doit s'appliquer dans toute sa force. Mais la loi ne doit pas s'appliquer de façon disproportionnée aux pauvres, aux personnes vulnérables et à celles qui n'ont pas pu faire d'études, pendant que les puissants et ceux qui sont bien installés glissent à travers les mailles du filet", lit-on.
Depuis une dizaine d'années, certains petits Etats d'Afrique de l'Ouest sont devenus une plaque tournante du trafic de cocaïne venant d'Amérique latine et destinée à l'Europe. De l'héroïne provenant d'Asie transite également par la région.
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Les experts rappellent que l'Afrique de l'Ouest est aussi en train de devenir productrice et exportatrice de drogues de synthèse comme les stimulants de type amphétamines. Le développement du trafic de stupéfiants via l'Afrique de l'Ouest a conduit certains pays, du Sénégal au Nigeria, à réclamer des mesures pour faire face à la situation.
Le rapport fait état de certaines améliorations dans le domaine du partage des renseignements et des arrestations, mais les personnes appréhendées sont le plus souvent de petits dealers et la conséquence de ces opérations est de déplacer et non d'arrêter l'afflux de drogue.
"Dépénaliser la consommation de drogue est l'un des moyens les plus efficaces pour réduire la question problématique du recours à la drogue, car cela devrait faciliter l'accès aux soins pour ceux qui en ont besoin", écrivent les auteurs du rapport.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, estimait l'an dernier que la valeur annuelle de la cocaïne qui transitait par l'Afrique de l'Ouest s'élevait à 1,25 milliard de dollars. Selon la commission, c'est légèrement plus que le total de 2011 pour les investissements étrangers directs au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Togo, au Bénin, au Cap-Vert, au Burkina Faso, en Gambie et en Guinée-Bissau.
(David Lewis; Eric Faye pour le service français)
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