Bombardements pakistanais au Nord-Waziristan
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Vaste offensive en cours du Pakistan contre les taliban
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Vaste offensive en cours du Pakistan contre les taliban
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par Haji Mujtaba
MIRANSHAH Pakistan (Reuters) - L'aviation pakistanaise a bombardé lundi le Nord-Waziristan, au lendemain de l'annonce d'une vaste offensive contre les taliban retranchés dans cette "agence tribale" frontalière de l'Afghanistan.
Des forces terrestres avaient pris position la veille en vue de cette opération lancée une semaine après un attentat qui a fait 38 morts à l'aéroport de Karachi. Cet acte, qui a entraîné une réaction sans précédent de la part des autorités, a été revendiqué à la fois par les taliban et leurs alliés ouzbeks du Nord-Waziristan.
L'aviation a détruit lundi six positions de la guérilla islamiste dans la région de Shawal, où se trouvent certains de ses dirigeants, dit l'armée dans un communiqué.
"Dans ces frappes de précision, 27 terroristes ont été tués. Il n'y a pas de population civile dans le secteur. L'opération dans l'agence du Nord-Waziristan se déroule conformément aux plans (...)", poursuit-elle, indiquant en outre que la région a été isolée des autres zones tribales par un déploiement de troupes à ses frontières.
Le fief djihadiste de Mirali a par ailleurs été encerclé, tout comme Miransha, chef lieu du Nord-Waziristan, ajoute l'état-major.
En représailles, les taliban promettent de s'en prendre aux intérêts étrangers. "Nous sommes en guerre. Les entreprises étrangères, les compagnies aériennes et les multinationales doivent rompre immédiatement avec le Pakistan sans quoi elles ne pourront s'en prendre qu'à elles-mêmes en cas de dégâts", a averti Shahidullah Shahid, porte-parole du mouvement.
"COUP D'ÉPÉE DU PROPHÈTE"
Le Premier ministre Nawaz Sharif, arrivé aux affaires il y a un an, se disait jusqu'ici décidé à négocier avec les mouvements islamistes, mais l'état-major, partisan de la fermeté, semble donc être parvenu à faire prévaloir ses intentions après l'attentat de Karachi.
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"Nous connaissons les difficultés que cette option implique, mais l'ennemi ne nous a pas laissé le choix", a déclaré le chef du gouvernement dans un discours prononcé au Parlement.
"Le monde voit bien que, d'un côté, nous nous sommes engagés dans un dialogue avec ces gens, mais que, de l'autre, nos femmes, nos enfants et notre jeunesse sont victimes d'un bain de sang", a-t-il souligné.
Les Etats-Unis, dont le contingent déployé en Afghanistan est en train de plier bagages, plaident aux aussi de longue date pour une action décisive contre les positions des taliban et autres djihadistes d'Al Qaïda dans les montagnes du Nord-Waziristan.
La région, qui échappe depuis toujours à l'autorité d'Islamabad, est l'une des sept zones tribales autonomes (Federally Administered Tribal Areas ou Fata) et majoritairement pachtounes frontalières de l'Afghanistan, où cette ethnie est également majoritaire.
L'armée y a imposé un couvre-feu permanent, les réseaux de téléphonie mobile ont été désactivés et les déplacements sont limités, ce qui a donné lieu à des pénuries alimentaires.
Craignant une intensification des combats, deux tiers des habitants auraient déjà quitté la région et la plupart auraient pris la direction de l'Afghanistan, où beaucoup ont de la famille.
Le couvre-feu devrait être allégé d'ici quelques jours pour permettre à ceux qui restent de quitter les lieux, ont fait savoir les services de sécurité.
Pour l'instant, les forces terrestres déployées dans le secteur, dont les effectifs sont de 80.000 hommes, n'ont pas pris part à l'offensive, baptisée "Coup d'épée du Prophète" (Zarb-e-Azb en ourdou), précise-t-on de source militaire.
(Avec Asim Tanveer; Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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