Les combats se poursuivent à la raffinerie de Baïdji
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Les combats se poursuivent à la raffinerie de Baïdji
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par Ghazwan Hassan
TIKRIT Irak (Reuters) - Des combats se poursuivaient jeudi pour le contrôle de la raffinerie de Baïdji, la plus grande d'Irak, entre les insurgés sunnites et les forces gouvernementales.
Le vaste complexe, situé à 200 km au nord de Bagdad, près de Tikrit, est le théâtre d'affrontements acharnés depuis l'assaut lancé mercredi matin par les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et leurs alliés.
Des images diffusées par la chaîne Al Arabia montrent de la fumée s'élevant des installations et le drapeau noir de l'EIIL flottant sur un bâtiment.
Selon des ouvriers enfermés à l'intérieur de l'usine, qui s'étend sur plusieurs kilomètres au bord du Tigre, les rebelles sunnites semblent tenir la majeure partie du site et les forces de sécurité sont concentrées autour de la salle de contrôle.
Les autorités démentent que la raffinerie soit sur le point de tomber.
Les derniers employés, au nombre de 250 à 300, ont pu être évacués à bord d'autocars dans la matinée grâce à un bref cessez-le-feu négocié par des chefs locaux.
Le site comptait au départ 15.800 employés et une centaine d'experts étrangers, qui sont partis pour la plupart dès mardi quand le gouvernement a suspendu l'activité de l'usine en prévision d'une attaque imminente.
RISQUE DE PÉNURIES
La raffinerie de Baïdji est située sur la route reliant Mossoul et Tikrit, deux villes tombées aux mains des insurgés lors d'une offensive éclair en début de semaine dernière.
La prise de cette installation par l'EIIL et ses alliés fournirait aux insurgés sunnites un vaste stock de carburant qui s'ajouterait aux armes et ressources économiques prises à Mossoul, la deuxième ville d'Irak tombée le 10 juin, et ailleurs dans le nord du pays.
D'après un responsable du ministère du Pétrole, la perte de Baïdji causerait des pénuries de fioul et d'essence dans le nord de l'Irak, y compris au Kurdistan autonome, mais n'affecterait Bagdad qu'à hauteur de 20% car la capitale est approvisionnée par d'autres raffineries.
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La progression des sunnites, qui contrôlent une partie du nord et de l'ouest du pays et menacent Bagdad, a pu être ralentie ces derniers jours autour de la capitale par une partie de l'armée épaulée par des miliciens chiites.
Mais les rebelles ont pris jeudi la petite localité de Moutassim, au sud de Samarra, ouvrant la perspective d'un encerclement de cette ville qui abrite un important sanctuaire chiite, l'un de ceux que le président iranien Hassan Rohani a promis mercredi de défendre "contre les tueurs et les terroristes".
DÉBAT À WASHINGTON
Le gouvernement irakien, dirigé par Nouri al Maliki, un chiite, communauté majoritaire en Irak, a demandé mercredi aux Etats-Unis de mener des frappes aériennes contre les djihadistes, mais Washington n'a pour l'heure rien répondu.
Le général Martin Dempsey, chef d'état-major interarmées, a confirmé avoir reçu "une demande de soutien aérien de la part du gouvernement irakien", à laquelle il n'a répondu que de manière indirecte: "Il est dans l'intérêt de notre sécurité nationale de nous opposer à l'EIIL où qu'il soit", a-t-il dit.
Des voix s'élèvent à Washington pour demander le départ de Maliki, jugé en partie responsable de la radicalisation des sunnites contre le pouvoir central.
"Le gouvernement Maliki doit partir si l'on veut une réconciliation", a estimé Dianne Feinstein, présidente démocrate de la commission sénatoriale des Renseignements.
Le sénateur républicain John McCain a exhorté le président Barack Obama "à faire comprendre très clairement à Maliki que son temps est fini".
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que des frappes américaines en Irak ne feraient qu'aggraver les pertes civiles.
"L'Amérique, par sa position actuelle et ses déclarations, ne voit pas de telles attaques de manière positive", a dit le chef du gouvernement à des journalistes à Ankara.
L'Arabie saoudite, monarchie sunnite que Bagdad accuse d'ingérence dans ses affaires intérieures, considère pour sa part que les Irakiens doivent résoudre eux-mêmes la crise, sans intervention extérieure, a déclaré jeudi une source saoudienne, affirmant que les Occidentaux sont sur la même longueur d'onde.
"L'Arabie saoudite, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni sont tous d'accord pour dire que le dialogue et une solution politique sont le moyen d'avancer en Irak", a dit ce responsable.
(Avec Raheem Salman, Ned Parker, Oliver Holmes à Bagdad; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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