Londres cherche à repousser la nomination de Juncker à la CE
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par Andrew Osborn et William James
LONDRES (Reuters) - Londres essaie de convaincre ses partenaires européens de repousser l'élection du nouveau président de la Commission européenne dans l'espoir de trouver une alternative consensuelle à l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a-t-on appris vendredi auprès de responsables britanniques.
Les dirigeants de l'Union européenne vont se retrouver jeudi et vendredi prochains à Bruxelles pour un Conseil européen qui devrait désigner le successeur de José Manuel Barroso.
Mais la Grande-Bretagne, qui considère le fédéraliste Jean-Claude Juncker comme un obstacle insurmontable à ses ambitions de réforme de l'UE, cherche désespérément à trouver un moyen de bloquer sa nomination.
Pour le Premier ministre David Cameron, qui a mis tout son poids dans la bataille, l'enjeu est élevé.
S'il ne parvient pas à ses fins, il verra sa crédibilité sérieusement entamée face aux eurosceptiques britanniques, auxquels il a promis, s'il est réélu l'an prochain, d'organiser un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE.
David Cameron est apparu ces derniers jours de plus en plus isolé face à ses partenaires européens, qui font bloc, au moins publiquement, derrière Jean-Claude Juncker, dont la candidature bénéficie du soutien de poids de la chancelière allemande Angela Merkel.
Selon deux sources diplomatiques britanniques, Londres a donc renoncé pour le moment à chercher un candidat alternatif pour demander à ce que l'élection du président de la CE n'ait pas lieu la semaine prochaine, en plaidant pour que tous les dirigeants de l'UE soient désignés en même temps.
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Le mandat de la CE expirant en octobre, la Grande-Bretagne fait valoir qu'il n'y a pas lieu de se précipiter, en espérant que le soutien dont bénéficie pour le moment l'ancien Premier ministre luxembourgeois se sera érodé d'ici là.
"LES DÉS NE SONT PAS JETÉS"
David Cameron n'a pas caché sa frustration envers certains de ses homologues européens qui expriment en privé, dit-il, des "avis intéressants" sur Jean-Claude Juncker tout en le soutenant en public. Il a prévenu qu'il leur pourrait leur demander de clarifier leurs positions la semaine prochaine.
"Les dés ne sont pas jetés tant que le Conseil européen n'a pas pris sa décision", a résumé vendredi une porte-parole du Premier ministre britannique.
"Nous estimons qu'il y a potentiellement de nombreux candidats dont nous aurions des raisons de penser qu'ils feraient du bon travail."
Selon la porte-parole, le soutien affiché par le Parlement européen à la candidature de l'ancien dirigeant luxembourgeois a "empêché tout débat" alors que Londres considère que ce ne sont pas aux parlementaires mais aux dirigeants de l'UE de désigner le président de la CE.
La décision d'organiser ou non un vote formel revient au président du Conseil européen, Herman van Rompuy.
"Ce que nous lui avons constamment dit, ainsi qu'aux autres dirigeants européens, c'est que le Conseil européen a toujours pris ce genre de décision sur la base du consensus", a ajouté la porte-parole.
Elle a rappelé que dans des circonstances similaires, en 2004, Londres avait renoncé à la candidature de Chris Patten pour chercher un postulant plus consensuel.
"Nous pensons qu'il devrait y avoir davantage de discussions pour que le Conseil puisse s'entendre sur le nom d'un candidat unique. Il nous semble que la priorité de chercher le moyen de trouver un candidat consensuel."
(Tangi Salaün pour le service français)
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