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Manuel Valls invite l'UE à plus de souplesse sur les déficits

reuters.com

Publié le 20 juin 2014 à 05:49 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:05

Manuel Valls invite l'UE à être plus souple sur les déficits

Manuel Valls invite l'UE à être plus souple sur les déficits

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PARIS (Reuters) - Le Premier ministre Manuel Valls a défendu vendredi la nécessité pour l'Union européenne d'une plus grande souplesse dans la lutte contre les déficits afin de privilégier la croissance, à la veille d'un mini-sommet social-démocrate sur le mandat de la prochaine Commission et le nom de celui qui la dirigera.

"Oui, il faut plus de souplesse et le fait que le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel et le président du Conseil italien (Matteo Renzi) l'aient dit, c'est une très bonne chose", a-t-il déclaré sur France Inter.

Il était interrogé sur la réunion de samedi à l'Elysée autour de François Hollande des Premiers ministres de sept pays européens ainsi que Sigmar Gabriel et le président sortant du Parlement européen Martin Schulz, deux chefs de file du SPD.

La présidence française a annoncé vendredi la participation des chefs des gouvernements autrichien, belge, danois, italien, roumain, slovaque et tchèque à cette rencontre organisée à une semaine d'un Conseil européen décisif sur la Commission.

"Nous devons tirer les leçons d'un doute profond qui s'est instauré pas seulement en France mais partout sur le sens même de la construction européenne parce qu'il n'y a pas de résultats en matière de croissance, de lutte contre le chômage, de formation des jeunes, d'investissement sur l'avenir", a dit Manuel Valls.

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"LES CHOSES BOUGENT", DIT VALLS

A la question de savoir si cela signifiait desserrer la contrainte des finances publiques, la France s'étant engagée à ramener son déficit public sous 3% du PIB en 2015 après avoir obtenu deux ans de répit, il a répondu : "Absolument".

"Mais on ne peut pas dire qu'il faut renoncer à la lutte contre les déficits et la dette (...), ça veut dire qu'il faut bien faire la différence entre ce qui est l'organisation de notre budget mais aussi des investissements d'avenir."

Pour le Premier ministre, "les choses sont en train de bouger" en Europe. "Il faut le faire dans le respect de nos traités, il faut le faire dans le dialogue avec l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement, il faut respecter notamment les positions de la chancelière Angela Merkel mais il faut le faire aujourd'hui avec le souci de privilégier la croissance et l'emploi".

Le débat sur l'assouplissement des règles sur les déficits est pourtant loin d'être consensuel dans l'UE.

Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, avait créé la surprise lundi dernier à Toulouse en se prononçant pour une discussion sur ce point.

"C'est comme un marché à conclure, ceux qui sont décidés à réaliser des réformes, il faut leur donner un peu plus de temps pour les réaliser et ensuite correspondre aux critères de déficit", avait-il déclaré.

Mais Angela Merkel a fermé la porte mercredi.

"Nous sommes d'accord sur le fait que nous n'avons pas besoin de quelque changement que ce soit dans le pacte" de stabilité qui impose une limite de 3% sur les déficits, a-t-elle dit, imitée en cela jeudi par l'Eurogroupe.

Le débat dominera le Conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles, où les dirigeants de l'UE doivent se prononcer sur le nom du futur président de la Commission et son mandat.

JUNCKER AVEC UN MANDAT POUR LA CROISSANCE ?

La grande majorité d'entre eux sont favorables à la nomination de l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker après la victoire de son camp conservateur aux élections européennes du 25 mai dernier.

Mais le Premier ministre britannique David Cameron a menacé d'anticiper son référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne si Jean-Claude Juncker, qu'il juge trop fédéraliste, est choisi.

La décision peut être prise à la majorité qualifiée et la position de l'Italie, grand pays de l'UE, sera déterminante s'il faut en arriver à un vote.

Or, Matteo Renzi a lié son vote à la politique qui sera menée par la future Commission, dont il attend une redéfinition des priorités, notamment pour assouplir les règles de déficit.

Pour l'ancien ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, candidat déclaré à un poste économique dans la prochaine Commission et, selon un ministre, choix définitif de François Hollande pour Bruxelles, il faut un "'policy mix' moins récessif", ce qui pose la question d'un assouplissement.

De retour de Berlin, où il a rencontré Sigmar Gabriel et le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, il estime dans Les Echos de vendredi que le sujet n'y est plus tabou.

"Je les crois prêts à aborder des sujets hier tabous comme une politique industrielle européenne, une politique sociale et surtout une réflexion sur l'usage du pacte de stabilité. Il faut absolument refuser le laxisme budgétaire, mais en même temps mettre en place des règles qui prennent en compte la situation de certains pays et les réformes qu'ils mettent en œuvre, comme en France ou en Italie", a-t-il déclaré.

(Yann Le Guernigou et Yves Clarisse, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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