Pas d'avancée décisive à Vienne sur le nucléaire iranien
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Pas d'avancée décisive à Vienne sur le nucléaire iranien
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par Parisa Hafezi et Justyna Pawlak
VIENNE (Reuters) - Les puissances du P5+1 et l'Iran ont commencé à rédiger un projet d'accord définitif sur le programme nucléaire de la République islamique sans pour autant que les négociateurs, qui étaient réunis jusqu'à vendredi à Vienne, aient aplani les principaux points de blocage.
"Nous n'avons toujours pas surmonté nos litiges sur des sujets majeurs (...) Il y a eu des progrès, mais les litiges majeurs demeurent", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, au terme de la cinquième séance de négociations depuis l'entrée en vigueur de l'accord provisoire de Genève.
"L'autre partie devrait renoncer à ses exigences excessives. L'Iran ne les acceptera jamais", a-t-il ajouté.
Les pays du P5+1 (les cinq membres du Conseil de sécurité de l'Onu + l'Allemagne) et l'Iran, qui ont conclu un accord provisoire en novembre dernier à Genève, ont théoriquement jusqu'au 20 juillet pour s'entendre sur un accord définitif.
L'objectif est de s'assurer, de manière vérifiable, que le programme nucléaire iranien n'a que des visées civiles, ainsi que le proclame Téhéran, et que l'Iran ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire. L'Iran obtiendrait en échange la levée totale des sanctions qui le frappent.
Ces dernières semaines, des négociateurs indiquaient qu'un des principaux points de blocage portait sur la question des centrifugeuses qui permettent l'enrichissement de l'uranium. A un certain degré d'enrichissement, l'uranium peut entrer dans la fabrication d'une bombe atomique.
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Le régime des inspections futures de l'AIEA, l'agence onusienne chargée de vérifier le respect par l'Iran de ses engagements, de même que l'avenir du projet de réacteur d'Arak, source potentielle de plutonium à usage militaire, ou la durée de vie de l'accord sont au nombre des autres sujets complexes à régler.
UN "CADRE TEXTUEL CONJOINT"
"Nous avons travaillé d'arrache-pied toute la semaine pour développer des éléments que nous pourrons assembler lorsque nous nous retrouverons à Vienne pour la prochaine séance (de négociations), à partir du 2 juillet", a rapporté Michael Mann, le porte-parole de Catherine Ashton, Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune.
"Nous avons exposé les uns les autres un certains nombre d'idées sur un large éventail de sujets, et nous avons commenté le processus de rédaction", a-t-il ajouté.
D'après Wang Qun, un délégué chinois qui a participé à ces quatre jours de pourparlers, la prochaine séance de négociations pourrait se dérouler au niveau politique et non plus technique.
"Le prochain cycle débutera le 2 juillet", a-t-il dit à des journalistes, ajoutant que les deux parties s'étaient entendues sur un "cadre textuel conjoint" pour un accord, sans autre précision. "C'est le progrès que nous avons accompli."
Wendy Sherman, secrétaire d'Etat américaine adjointe chargée des affaires politiques, a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un "projet d'accord" mais d'un simple "document de travail" dont de larges parties restent à écrire.
Plusieurs sources proches des discussions ont relevé toutefois que les deux parties souhaitaient un accord.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui vérifie parallèlement que l'Iran respecte les engagements pris dans le cadre de l'accord provisoire de Genève, a relevé dans un nouveau rapport publié vendredi que Téhéran avait progressé sur la voie de l'élimination de la quasi-totalité de ses stocks sensibles d'uranium enrichi.
Le rapport mensuel de l'AIEA, dont l'agence Reuters s'est procuré une copie, précise que depuis l'entrée en effet de l'accord intérimaire, le 20 janvier, l'Iran a dilué à des niveaux moins proliférants ou transformé en oxyde quelque 97% de ses réserves d'uranium enrichi à 20%.
Passé ce seuil de 20%, le "saut" technique qui permet d'atteindre des niveaux d'enrichissement militaires est assez rapide à franchir.
(avec Fredrick Dahl; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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