John Kerry au Kurdistan irakien prône l'union avec Bagdad
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John Kerry au Kurdistan irakien prône l'union avec Bagdad
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par Lesley Wroughton
ERBIL Irak (Reuters) - John Kerry, secrétaire d'Etat américain, s'est entretenu mardi avec les dirigeants de la région autonome du Kurdistan irakien pour les exhorter à ne pas se retirer du processus politique à Bagdad alors que leurs forces ont pris le contrôle de la ville pétrolière de Kirkouk.
"S'ils décident de se retirer du processus politique à Bagdad, cela accélérera un grand nombre de tendances négatives", a dit un responsable du département d'Etat l'accompagnant dans sa tournée.
Lundi à Bagdad, John Kerry a promis le soutien "intense et durable" des Etats-Unis au gouvernement irakien face à la progression des djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et de leurs alliés sunnites mais a aussi plaidé avec force pour la formation d'un "gouvernement qui représente les intérêts des Irakiens".
Mais pour les dirigeants kurdes, l'avancée des djihadistes, qui tiennent une grande partie du nord et de l'ouest de l'Irak et contrôlent la frontière avec la Syrie, met en péril l'existence même des institutions étatiques irakiennes. Les forces gouvernementales se sont aussi retirées ces derniers jours de la frontière avec la Jordanie.
"Nous sommes face à une nouvelle réalité et un nouvel Irak", a déclaré Massoud Barzani, le président de la région autonome kurde, au début de ses entretiens avec Kerry.
En privé, de responsables kurdes, qui vivent en autonomie relative depuis l'intervention américaine de 2003, suggèrent qu'ils ne se sentent plus liés à l'Irak. Dans une interview accordée à CNN, Barzani a réitéré la menace d'organiser un référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien.
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La prise de Kirkouk, deux jours après la chute de Mossoul aux mains des combattants djihadistes de l'EIIL, modifie radicalement la situation pour les Kurdes d'Irak: la ville se trouve juste à l'extérieur du Kurdistan autonome; en la contrôlant, les Kurdes contrôlent aussi les gisements pétroliers qui l'entourent et l'accord de partage des revenus pétroliers négocié avec Bagdad perd tout intérêt.
GOUVERNEMENT INCLUSIF
Barzani a également imputé aux "mauvaises décisions" du Premier ministre chiite Nouri al Maliki la responsabilité des violences en cours et l'a enjoint à démissionner.
Au pouvoir depuis mai 2006, Maliki est de plus en plus ouvertement accusé par ses partenaires d'avoir attisé les tensions confessionnelles en Irak par une politique jugée trop favorable à la seule majorité chiite du pays.
Barack Obama et son administration, s'ils affirment ne pas avoir à se mêler de la désignation des dirigeants irakiens, appuient avec force la constitution d'un gouvernement incluant toutes les composantes de la société irakienne.
L'administration américaine a opportunément fait fuiter vendredi que les agences du renseignement américains avaient alerté à plusieurs reprises ces deux dernières années des risques de la politique menée par Maliki.
L'Iran, autre soutien de Maliki, plaide également pour un gouvernement inclusif, suggérant que la République islamique, principale puissance chiite de la région, pourrait lâcher l'actuel Premier ministre.
L'Irak doit toujours se doter d'un nouveau gouvernement, dans la foulée des élections législatives d'avril. C'est la liste dirigée par Nouri al Maliki qui a obtenu le plus de sièges au parlement mais il lui faudra néanmoins des alliés pour s'assurer une majorité.
"Si nous avons une chance d'exploiter ce processus de formation d'un nouveau gouvernement pour réinitialiser la fondation politique irakienne, les Kurdes devront être une composante cruciale de ce processus, et nous pensons qu'ils le seront", ajoute le responsable du département d'Etat.
(Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français)
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