La Jordanie renforce sa frontière avec l'Irak
reuters.com

La Jordanie renforce sa frontière avec l'Irak
reuters.com
reuters.com

La Jordanie renforce sa frontière avec l'Irak
reuters.com
par Suleiman Al-Khalidi
FRONTIERE JORDANO-IRAKIENNE (Reuters) - Responsables militaires et politiques de Jordanie ont promis mercredi d'empêcher les insurgés sunnites irakiens de franchir la frontière entre les deux pays.
L'armée du royaume s'est livrée à une démonstration de force au poste frontière de Karameh, avec déploiement de troupes en nombre. Des dizaines de véhicules blindés dont des Humvees américains équipés de mitrailleuses ont remplacé les files de camions qui transitent habituellement chaque jour sur l'axe Amman-Bagdad, une des principales routes commerciales du Moyen-Orient.
Le conflit en Syrie pesait déjà sur la frontière nord de la Jordanie. L'avancée rapide des insurgés sunnites en Irak, à l'est, a mis sous tension une deuxième frontière du pays.
"Les frontières sont la clef de la guerre et de la paix, et notre devoir est d'empêcher des infiltrations de groupes extrémistes. Nous ne laisserons pas une seule personne entrer illégalement sur notre territoire", a affirmé le général Saber al Mahayrah aux journalistes conviés sur la zone frontalière.
Les unités de l'armée jordanienne sont en état d'alerte depuis plusieurs jours près des 180 km de frontière commune avec l'Irak.
A Rouwaïched, dernière ville jordanienne avant l'Irak, des habitants disent ne pas avoir vu de tels mouvements de troupes depuis l'intervention américaine de l'Irak en 2003.
Ismaïl Kaoud, un camionneur, arrive de Ramadi, la capitale de la province irakienne d'Anbar. Il affirme que les forces régulières irakiennes se sont retirées de la quasi-totalité de cette province qui sépare la frontière jordanienne de la région de Bagdad.
Il ajoute qu'il reste cependant quelque 150 policiers, douaniers et soldats irakiens au poste-frontière, côté irakien.
Sous couvert d'anonymat, des militaires jordaniens expriment leurs doutes. Ils pensent eux que le poste-frontière irakien est contrôlé désormais par des membres de tribus sunnites.
Des contacts ont été noués avec des chefs tribaux de la province d'Anbar pour tenter de réduire l'influence des djihadistes, dit un responsable jordanien.
Mais la menace véritable pourrait être ailleurs. "La peur, ce n'est pas que l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) envahisse la Jordanie, où, contrairement à l'Irak, l'armée est une armée professionnelle avec une vraie présence à ses frontières, mais que l'EIIL déstabilise le royaume par des tentatives répétées d'infiltration et des attentats terroristes", estime le groupe de consultants en sécurité Soufan Group.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

(Henri-Pierre André pour le service français)
reuters.com