L'Ukraine se rapproche de l'UE au grand dam de Moscou
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L'Ukraine signe son accord d'association avec l'UE
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par Gregory Blachier
BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne et l'Ukraine ont finalisé vendredi leur rapprochement avec la signature d'un accord d'association et de libre-échange qui irrite la Russie après avoir indirectement entraîné la chute de Viktor Ianoukovitch l'hiver dernier.
Les Vingt-Huit ont franchi un nouveau pas en signant en marge du Conseil européen de Bruxelles deux autres accords avec la Moldavie et la Géorgie, pays qui échappent à l'union eurasienne souhaitée par le président russe Vladimir Poutine.
Le président ukrainien Petro Porochenko, élu le 25 mai, a parlé de jour historique pour son pays et a dit espérer qu'il s'agisse d'une première étape vers une adhésion pleine et entière de son pays à l'UE, à terme.
"L'Ukraine, en tant qu'Etat européen, qui partage les valeurs communes de démocratie et d'Etat de droit, souligne son choix souverain en faveur d'une adhésion future à l'Union européenne", a-t-il dit lors de la cérémonie de signature.
"L'Ukraine considère l'accord d'association comme un instrument des préparatifs pour atteindre cet objectif", a ajouté le nouveau chef de l'Etat ukrainien qui a suscité, au début de son discours, sourires et applaudissements en montrant son stylo, sur lequel était inscrite la date du 29 novembre.
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L'ancien président Viktor Ianoukovitch aurait dû signer le texte ce jour-là à Vilnius, en Lituanie, mais il avait renoncé.
De cette volte-face sont nées les manifestations de Kiev qui ont entraîné sa chute et ont plongé le pays dans le chaos à l'intérieur de ses frontières et dans une crise avec la Russie, qui a annexé la Crimée et a, en représailles, été sanctionnée par les Occidentaux.
"CONSÉQUENCES GRAVES"
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a eu beau dire dans son intervention que les accords n'incluaient "rien qui puisse nuire à la Russie", Moscou a réagi très vite.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karasine a prévenu selon l'agence Interfax qu'il y aurait "des conséquences graves", au moment où le président François Hollande et Angela Merkel s'entretenaient avec Petro Porochenko.
La Russie a déjà tenté d'empêcher par le passé, et le fait encore aujourd'hui, que les pays de ce qu'elle considère comme sa zone d'influence lui échappent pour s'allier avec l'UE.
Des responsables européens reconnaissent que le risque existe encore de voir Moscou adopter des sanctions commerciales contre les trois nouveaux partenaires et de voir l'Ukraine perdre le bénéfice des accords de libre-échange au sein de la Communauté des Etats indépendants.
Si la Russie lui impose des droits de douane, ce serait un coup rude pour Kiev, dont 24% des exportations, pour un montant de 11 milliards d'euros par an, vont vers son grand voisin. Moscou a déjà agi ainsi avec un pays plus petit, en mettant un terme à ses importations de vin moldave.
L'accord avec l'UE, marché prospère de 500 millions d'habitants, représente néanmoins une opportunité majeure pour l'Ukraine, qui a exporté pour 13,8 milliards d'euros de biens vers les Vingt-Huit l'an dernier. Ce chiffre pourrait croître à raison d'un milliard par an grâce à l'accord.
Selon Bruxelles, les exportateurs ukrainiens économiseront environ 500 millions d'euros par an de droits de douane. L'UE demande en échange des progrès sur les droits de l'homme, la démocratie, ou contre la corruption.
Pour l'Ukraine, la situation reste toutefois critique parce que le conflit armé entre les autorités et les séparatistes de l'Est n'est pas réglé, pas plus que la question du gaz.
Le groupe russe Gazprom a cessé ses livraisons à l'Ukraine la semaine dernière en invoquant des arriérés de paiement.
Sur le terrain, les tensions demeurent et les Européens devaient vendredi exhorter une nouvelle fois la Russie à "user de son influence sur les groupes armés illégaux" et à prendre une position très claire en faveur d'un arrêt des hostilités, selon le projet de conclusions du sommet de Bruxelles.
(Avec Adrian Croft, édité par Yves Clarisse)
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