Ryad va inviter les sunnites à entrer au gouvernement irakien
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SHANNON Irlande (Reuters) - Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a promis au secrétaire d'Etat américain d'inviter les représentants de la communauté sunnite d'Irak à siéger dans un nouveau gouvernement élargi, mieux à même de combattre les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), a-t-on appris samedi de source américaine autorisée.
John Kerry, qui consulte tous azimuts depuis une semaine pour éviter l'éclatement de l'Irak, semble ainsi avoir obtenu une concession de la part de Ryad, qui réclamait jusqu'ici le départ du Premier ministre chiite Nouri al Maliki, jugé trop proche de l'Iran et hostile à la minorité sunnite.
Selon un membre du département d'Etat, le roi Abdallah, qui a reçu le secrétaire d'Etat vendredi, lui a exprimé sa vive inquiétude face à la progression de l'EIIL. Les djihadistes se sont emparés d'une bonne part du nord de l'Irak et approchent désormais de la frontière saoudienne.
"Il est clair que les deux hommes partagent le point de vue selon lequel toutes les composantes de la société irakienne doivent participer d'urgence au processus politique pour lui permettre d'avancer et qu'ils (...) ont l'intention de le leur dire directement", a ajouté le diplomate américain qui a requis l'anonymat.
Jusqu'ici, l'Arabie saoudite faisait de la mise à l'écart de Maliki une condition de son soutien à la formation d'un nouveau gouvernement. Le royaume semble aujourd'hui convaincu que la présence de partis sunnites au sein de l'exécutif l'empêchera d'obtenir un troisième mandat.
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S'ils ne l'ont pas invité ouvertement à s'effacer, les Etats-Unis prônent eux aussi l'alternance à la tête du gouvernement irakien.
"Le secrétaire et le roi pensent tous deux que les défis auxquels l'Irak est confronté imposent la formation d'un nouveau gouvernement", a poursuivi le diplomate américain.
"Aucune condition préalable n'a été évoquée en ce qui concerne la situation politique irakienne ou celle de la lutte contre l'EIIL. Chaque communauté doit s'asseoir à la table des négociations et proposer des candidats aux principales fonctions, et je dirais que le roi est pleinement en accord avec cela", a-t-il ajouté.
(Lesley Wroughton, Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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