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Nicolas Sarkozy dénonce une instrumentalisation de la justice

reuters.com

Publié le 02 juillet 2014 à 15:13 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:01

Nicolas Sarkozy dénonce une instrumentalisation de la justice

Nicolas Sarkozy dénonce une instrumentalisation de la justice

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PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a dénoncé mercredi une "instrumentalisation politique d'une partie de la justice" française à son encontre, après sa mise en examen pour trafic d'influence, corruption active et violation du secret professionnel.

L'ex-chef de l'Etat est sorti du silence médiatique qu'il s'imposait jusqu'ici pour accorder à Europe 1 et TF1 sa première interview depuis sa défaite à l'élection présidentielle de 2012.

"La situation était suffisamment grave pour que je dise aux Français ce qu'il en était de l'instrumentalisation politique d'une partie de la justice aujourd'hui", a-t-il déclare. "Il y a des choses qui sont en train d'être organisées. Les Français doivent les connaître et (...) juger de ce qu'il en est."

Il s'en est pris à son successeur socialiste, François Hollande, dont il a accusé les collaborateurs d'avoir exploité de façon "éhontée" ses archives, à la ministre de la Justice, Christiane Taubiran et au Premier ministre, Manuel Valls, taxés de mensonge, et au ministre des Finances, Michel Sapin.

Mine grave, souvent tendu, combatif mais diction maîtrisée, Nicolas Sarkozy, mis en examen au terme d'une garde à vue de 15 heures, s'est déclaré "profondément choqué" par le traitement qui lui a été réservé et a dénoncé une volonté de l'"humilier" des deux juges d'instruction qui l'ont convoqué dans la nuit.

Il a jugé anormal qu'une au moins des deux magistrates, membre du syndicat de la magistrature proche de la gauche qui a fait campagne contre lui, ait été choisie pour l'entendre.

"Qui aimerait, pour trancher un différend entre lui et la justice, avoir en face de lui un magistrat dont l'obsession politique est de détruire la personne contre qui il doit instruire à charge et décharge ?" a dit Nicolas Sarkozy.

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ACCUSATIONS "GROTESQUES"

"J'aurai l'occasion de faire valoir mes droits en la matière", a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il pourrait demander le dessaisissement de la juge d'instruction en question.

Il a aussi jugé anormal que les conversations entre lui et son avocat, Me Thierry Herzog, aient fait l'objet d'écoutes.

Il a déploré que tout soit fait pour donner de lui "une image qui n'est pas conforme à la vérité" et a qualifié de "grotesques" les chefs d'accusation retenus contre lui.

Il a assuré n'avoir jamais trahi la confiance des Français ni commis un acte contraire aux principes républicains ou à l'Etat de droit, tout en se déclarant prêt à assumer toutes les conséquences d'éventuelles fautes, s'il en avait commis - "Je ne suis pas un homme qui fuit ses responsabilités."

Il a rejeté catégoriquement les accusations de trafic d'influence et de corruption et dit avoir, comme le révèlerait selon lui l'écoute d'une conversation avec Me Herzog, refusé d'intervenir auprès des autorités de Monaco en faveur de l'avocat général à la Cour de Cassation Gilbert Azibert.

Ce magistrat soupçonné d'avoir informé l'ex-chef de l'Etat de procédures en cours et également mis en examen, comme Me Herzog, n'a au demeurant pas obtenu le poste convoité.

"Si je comprends bien, dans notre pays aujourd'hui, sous le mandat de M. Hollande (...) être comme M. Azibert (...), partageant les idées politiques de la droite, c'est le premier indice de la corruption", a ironisé Nicolas Sarkozy.

"ON NE TROUVERA RIEN"

Il a dit n'avoir rien à se reprocher, ni dans ce dossier ni dans d'autres affaires où son nom est cité : "Jamais aucun responsable politique n'a été autant examiné (...) Il y a peut-être une vingtaine de magistrats qui s'occupent de moi, des dizaines de policiers et je suis écouté dans tous mes téléphones depuis plusieurs mois (...) On ne trouvera rien."

Il a ainsi nié avoir profité, pour cacher des dépassements de frais de campagne en 2012, d'un système de double facturation mis en place avec l'UMP par la société Bygmalion, ainsi que l'a révélé à la télévision un proche collaborateur de l'ex-président du principal parti de droite, Jean-François Copé.

Ce responsable, Jérôme Lavrilleux, "aura à rendre compte devant la justice" et si Bygmalion a effectivement "prélevé de l'argent" sans raison sur l'UMP, les dirigeants du parti seront en droit d'engager des poursuites, a-t-il dit.

Mais "en ce qui concerne ma campagne (...) il n'y a jamais eu le moindre système de double facturation", a ajouté l'ex-chef de l'Etat, qui a qualifié de "folie" le chiffre de 17 millions d'euros évoqué pour les dépassements de frais présumés qu'auraient couvert ce système.

Il s'en tient pour sa part aux quelque 400.000 euros de dépassement qui lui ont valu l'invalidation de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel.

(Emmanuel Jarry)

reuters.com

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