La tension monte en Irak entre les Kurdes et Maliki
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BAGDAD (Reuters) - Les ministres kurdes en Irak ont annoncé jeudi qu'ils suspendaient leur participation aux réunions du gouvernement intérimaire.
En représailles, l'aviation civile irakienne a annoncé quelques heures plus tard que plus aucun avion de transport ne décollerait, jusqu'à nouvel ordre, de Bagdad à destination d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan, et Souleimaniye, autre grande ville kurde.
Les vols passagers ne sont pas affectés par cette mesure, a précisé Nasser Bandar, directeur de l'aviation civile.
Dans un communiqué, les ministres kurdes disent ne plus vouloir participer aux réunions du gouvernement pour dénoncer les propos "provocateurs" du Premier ministre chiite Nouri al Maliki, qui a présenté Erbil comme un centre terroriste.
Un responsable kurde a déclaré à Reuters que les ministres continueraient de gérer leurs administrations et il a souligné qu'ils "ne se retiraient pas du gouvernement". Le conseil des ministres se déroule normalement chaque mardi.
Les ministres kurdes, comme la minorité sunnite et une partie des chiites irakiens, demandent dans leur communiqué la formation d'un gouvernement élargi à Bagdad, sans Maliki.
La tension entre les Kurdes et Maliki est montée mercredi lorsque le Premier ministre a déclaré qu'Erbil était en train de devenir une place forte de l'Etat islamique, qui s'est emparé en juin d'une partie de l'ouest et du nord de l'Irak.
"Nous ne laisserons pas Erbil devenir une base arrière pour les opérations de l'Etat islamique, des baassistes, d'Al Qaïda et des terroristes", a déclaré le Premier ministre lors de son allocution télévisée hebdomadaire.
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L'offensive de l'Etat islamique a entraîné une nette dégradation des relations entre Bagdad et l'administration kurde, qui a profité de la déroute de l'armée irakienne pour étendre son territoire.
De nombreux sunnites de Mossoul qui ont fui devant les djihadistes ont par ailleurs trouvé refuge à Erbil.
Jeudi, le porte-parole de Massoud Barzani, qui dirige le Kurdistan irakien, a dénoncé "l'hystérie" de Maliki et ses accusations "sans fondement" qui visent uniquement à "tenter de masquer ses propres erreurs et son échec".
"Erbil est aujourd'hui le refuge de tous ceux qui fuient la dictature de Maliki, qui doit présenter ses excuses au peuple irakien pour avoir détruit le pays", a dit Omaid Sabah.
(Ned Parker et Isra'a El Rubei'i à Bagdad, Isabel Coles à Erbil; Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français)
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