Nucléaire: les négociateurs iraniens pris de court par Khamenei
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VIENNE (Reuters) - Le discours prononcé la semaine dernière par l'ayatollah Ali Khamenei a limité la marge de manoeuvre de la délégation dépêchée à Vienne pour négocier avec les grandes puissances, qui ne peut plus faire les concessions nécessaires à la conclusion d'un accord sur le programme nucléaire de Téhéran, dit-on de sources diplomatiques.
Le guide suprême de la Révolution iranienne, dont l'intervention était agrémentée de nombreux détails techniques, a jugé nécessaire d'accroître de façon importante les capacités nationales d'enrichissement d'uranium, alors que les Etats membres du groupe "P5+1" (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Allemagne) souhaitent au contraire les limiter pour empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique.
En vertu de l'accord intérimaire conclu fin novembre, les négociations doivent aboutir avant le 20 juillet à un règlement définitif du contentieux, qui permettrait la levée des sanctions internationales.
Selon plusieurs diplomates proches des discussions, dont les propos ont été confirmés par deux sources iraniennes, le discours de Khamenei a pris de court la délégation emmenée par le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et son adjoint Abbas Araqchi, auquel le guide a toutefois exprimé sa confiance.
"Bien qu'il ait exprimé ostensiblement son soutien à l'équipe chargée des négociations, l'examen attentif du discours de Khamenei montre que ses propos étaient en réalité destinés à limiter sa marge de manoeuvre, ce qui l'empêche effectivement de combler les divergences" avec les Six, peut-on lire dans une analyse du discours réalisée par des services de renseignement occidentaux, dont Reuters a pu prendre connaissance.
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Le message de l'ayatollah en dit long sur les tensions entre le camp conservateur, auquel il appartient, et les pragmatiques favorables à un accord qu'ils jugent indispensable à l'essor économique de leur pays, dont fait partie le président Hassan Rohani, élu triomphalement l'an dernier.
Les négociations entre l'Iran et le P5+1, qui ont repris le 2 juillet, se sont poursuivies lundi à Vienne mais aucun progrès n'a été signalé, malgré la présence du secrétaire d'Etat américain John Kerry.
(Louis Charbonneau et Parisa Hafezi, Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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