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Négociations à Alger entre gouvernement malien et rebelles

reuters.com

Publié le 16 juillet 2014 à 13:07 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:58

Gouvernement malien et rebelles à la table des négociations

Gouvernement malien et rebelles à la table des négociations

reuters.com

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par Patrick Markey

ALGER (Reuters) - Le gouvernement malien et les représentants des séparatistes ont entamé mercredi à Alger des négociations de paix délicates destinées à mettre fin à plusieurs décennies de violences dans le nord du Mali.

Au préalable, les deux camps se sont livrés mardi à un geste de bonne volonté sous la forme d'un échange de prisonniers - 42 rebelles contre 45 soldats maliens.

A l'ouverture de la réunion dans un hôtel de la capitale algérienne, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a salué "la décision historique des frères des mouvements du nord du Mali d'inscrire leurs actions dans le cadre du dialogue en vue de la recherche d'une paix durable".

"Nous avons l'obligation de parvenir à la paix et à la stabilité par une prise de conscience collective et la sauvegarde de nos valeurs communes (...)", a-t-il ajouté.

Parlant à Reuters en marge de la réunion, il a exclu de parler d'indépendance pour le nord du pays. "Nous ne voulons pas discuter d'indépendance, nous ne voulons pas discuter d'autonomie", a-t-il souligné, tout en disant son espoir de parvenir à un accord "sur la meilleure forme d'organisation administrative" du Mali.

Le ministre s'est également réjoui des déclarations "constructives" des rebelles.

"Nous sommes ici pour établir une feuille de route et lancer un dialogue approfondi", a déclaré pour sa part aux journalistes le négociateur rebelle Mahamadou Djeri Maiga. "Nous acceptons le principe de l'intégrité territoriale du Mali, nous voulons aussi un Etat sûr, nous devons bâtir un nouveau Mali", a-t-il dit.

La France, l'Algérie et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) plaident en faveur de ce dialogue malgré le climat de défiance qui règne entre Bamako et les insurgés, mais également entre groupes rebelles.

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Les populations touarègues et arabes accusent le gouvernement central de les tenir à l'écart du pouvoir.

Depuis l'indépendance du Mali, en 1960, le vaste désert qui couvre le nord du pays, appelé Azawad par rebelles touaregs, s'est soulevé quatre fois, la dernière en 2013 lorsque la France est intervenue pour freiner une avancée vers le sud des Touaregs, rejoints par des groupes djihadistes.

DIVERGENCES

Les discussions en cours sont les premières depuis les affrontements de Kidal, un bastion touareg, qui ont coûté la vie à une cinquantaine de soldats maliens au mois de mai.

Ces tractations, auxquelles participent des émissaires de l'Union européenne, de l'Onu et de l'Union africaine, doivent en théorie définir les contours d'une paix durable.

"Nous réaffirmons l'engagement du gouvernement à aller dans ces pourparlers de bonne foi, dans un esprit ouvert et confiant pour aboutir à un accord de paix global et définitif", a déclaré Abdoulaye Diop, cité par l'agence de presse algérienne APS.

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, doit en partie son élection en 2013 à sa réputation de fermeté face aux Touaregs. Il n'a d'autre choix que de composer avec la volonté d'une bonne partie des habitants du Sud, plus peuplé, qui ne veulent pas céder aux revendications séparatistes.

Mais les difficultés de l'armée sur le terrain fragilisent la position du gouvernement.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a par ailleurs mis en garde: sans un dialogue approfondi, les rebelles pourraient se radicaliser.

Pour parvenir à un accord, il faudra encore, selon des observateurs, que les insurgés formulent des propositions concrètes et parviennent à surmonter les divisions dans leur camp.

Trois composantes principales composent le mouvement séparatiste, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) et le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), auxquelles s'ajoutent d'autres groupes.

Selon Andrew Lebovich, un expert de la région du Sahel installé à New York, les négociateurs peuvent très bien réussir à s'entendre à Alger mais un éventuel accord signé hors du Mali pourrait n'avoir aucun effet compte tenu, notamment, du morcellement de la rébellion sur le terrain.

"Un accord est seulement une étape dans un processus beaucoup plus long et un arrangement ne va pas, en lui-même, garantir (...) une résolution des différents conflits dans le nord du Mali", dit-il.

(Simon Carraud et Guy Kerivel pour le service français)

reuters.com

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