L'exode reste risqué pour les réfugiés centrafricains, selon MSF
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L'exode reste risqué pour les réfugiés centrafricains, selon MSF
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PARIS (Reuters) - Sept mois après l'explosion de violences à Bangui qui a poussé plusieurs centaines de milliers de Centrafricains à prendre la fuite, la route de l'exode reste minée pour la minorité musulmane, selon une enquête menée auprès des réfugiés par Médecins sans Frontières (MSF) et publiée mercredi.
"Contrairement aux premiers arrivés qui ont rapidement rejoint le pays en janvier 2014, ceux qui traversent aujourd'hui la frontière ont marché des semaines, voire des mois, errant dans l'ouest de la RCA pour fuir la violence", explique MSF dans son rapport intitulé "La valise et le cercueil".
Au total, 2.599 personnes qui étaient sur le départ sont mortes entre novembre 2013 et avril 2014, victimes des persécutions essentiellement menées par les milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes, à l'encontre des musulmans, selon les témoignages recueillis par MSF au Tchad et au Cameroun.
Parmi elles, plus de 300 sont mortes alors qu'elles étaient en route vers ces deux pays, notamment vers Sido, dans le sud du Tchad.
La fuite et l'embarquement à bord des camions ont été chaotiques, souligne MSF, qui évoque des conditions de transport particulièrement difficiles pour les enfants et les personnes âgées et des attaques régulières.
"Sur la route, notre camion est tombé en panne, l'escorte ne s'est pas arrêtée et les anti-balaka nous ont immédiatement attaqués", racontent deux soeurs d'une dizaine d'années originaires de Bossembélé, dont le témoignage a été recueilli par l'ONG. "Tous les hommes, y compris notre beau-père ont été tués à la machette devant nous, certaines femmes ont été violées. (...) Puis les anti-balaka ont mis le feu à toutes nos affaires".
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La flambée de violences du 5 décembre 2013 à Bangui entre anti-balaka et combattants de l'ex-Séléka, à majorité musulmane, a provoqué la fuite de centaines de milliers de musulmans dans des enclaves ou vers le Tchad et le Cameroun.
Selon l'Onu, la proportion des musulmans a chuté de 15% à 2% de la population totale de la Centrafrique, composée à 80% de chrétiens, depuis le début du conflit.
"En à peine quelques mois, la moitié ouest de la RCA s'est vidée de la quasi-totalité de ses habitants musulmans", souligne MSF. "A Bangui, Carnot, Boda ou Berberati, quelques enclaves placées sous la protection armée des forces internationales abritent encore quelques milliers d'entre eux dans des conditions de vie très précaires et sans perspective".
Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l'Onu, le conflit a fait plus de 536.500 déplacés, dont 20.000 au sein d'enclaves.
(Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)
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