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La question de la dette argentine reste dans l'impasse

reuters.com

Publié le 14 août 2014 à 06:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:52

La question de la dette argentine reste dans l'impasse

La question de la dette argentine reste dans l'impasse

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par Daniel Bases et Hugh Bronstein

BUENOS AIRES/NEW YORK (Reuters) - Les perspectives d'un règlement avec certains créanciers privés de l'Argentine se sont éloignées un peu plus mercredi, tandis que le gouvernement argentin ne semblait pas particulièrement décidé à retourner à la table des négociations.

Aurelius Capital Management, l'un des créanciers réfractaires, a déclaré qu'au terme de plusieurs réunions rien n'avait été présenté de valable pour régler un litige portant sur des obligations remontant à un défaut de près de 100 milliards de dollars de 2002.

"Aucune proposition reçue n'était le moins du monde acceptable. Les entités qui les ont faites n'étaient disposées qu'à financer, éventuellement, une petite partie des paiements qu'elles voulaient nous faire accepter. Une proposition a été retirée avant même que nous y ayons répondu et aucune de nos propositions n'a fait l'objet d'une réponse productive", explique Aurelius dans un communiqué.

"Tout cela nous a convaincus qu'il n'y avait aucune perspective réelle de solution privée".

Les fonds spéculatifs Aurelius et Elliott Management ont engagé une longue bataille procédurière aux Etats-Unis pour récupérer l'argent investi à très bas prix dans la dette argentine depuis 12 ans.

L'Argentine est de nouveau en situation de défaut sur sa dette depuis la semaine dernière, conséquence d'une décision du juge américain Thomas Griesa qui a bloqué le remboursement de 539 millions de dollars dus par Buenos Aires à ses créanciers avant la date limite du 30 juillet.

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Le juge new-yorkais a ordonné à Buenos Aires de rembourser au préalable 1,33 milliard de dollars plus les intérêts à Elliott et Aurelius, des fonds dits "réfractaires" car ils ont refusé les conditions de deux restructurations remontant à 2005 et 2010.

Dans ce contexte, l'espoir de trouver une solution passait par des propositions élaborées d'abord par l'Argentine puis par un consortium de grandes banques internationales.

Citigroup, Deutsche Bank, HSBC et JPMorgan Chase avaient ainsi proposé aux fonds spéculatifs réfractaires de leur restituer 40 cents par dollar sur un total de 1,66 milliard de dollars plus intérêts d'obligations détenues par ces fonds, une offre portée à 50 cents lundi, ont dit des sources à Thomson Reuters IFR.

LES CONDITIONS NE SONT PAS LÀ

L'Argentine refuse d'appliquer aux réfractaires des conditions de remboursement qu'elles jugeraient meilleures que celles réservés aux investisseurs qui ont accepté les précédentes restructurations suivant la clause dite RUFO (Rights Upon Future Offers).

Le juge Griesa avait déclaré vendredi dernier qu'il pourrait décider que l'Argentine a commis un outrage à magistrat si elle continue d'affirmer qu'elle a rempli ses obligations et qu'en conséquence elle n'est pas en défaut.

Une menace qui n'impressionne guère le gouvernement argentin, dont le secrétaire général Jorge Capitanich a dit mercredi que le juge en question n'avait aucunement saisi toutes les complexités du dossier et ajouté qu'il n'était pas prévu de rencontrer à nouveau les fonds réfractaires.

"Les conditions propices à une négociation ne sont pas là", a-t-il dit à la presse.

Le juge Griesa avait gelé les 539 millions de dollars que l'Argentine avait déposé sur un compte séquestre en juin afin de rembourser les créanciers non réfractaires d'ici le 30 juillet. Capitanich reproche au juge d'avoir refusé de dégeler ces fonds comme le lui demandaient lesdits créanciers.

"Cette absence de décision montre à l'évidence une incompréhension de la procédure, une incompréhension du statut de l'Argentine en tant que pays souverain", a-t-il dit.

Le peso argentin a perdu plus de 1,5% mercredi, à un plus bas record de 13,15 par dollar dans des échanges non officiels. Le contrôle des changes oblige la plupart des Argentins à acheter du dollar sur le marché noir, à un cours qui est considéré comme bien plus véridique que le taux officiel de 8,2750 par dollar.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame)

reuters.com

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