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Emmanuel Macron persiste et signe sur les 35 heures

reuters.com

Publié le 02 septembre 2014 à 13:22 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:48

Emmanuel Macron persiste et signe sur les 35 heures

Emmanuel Macron persiste et signe sur les 35 heures

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PARIS (Reuters) - Le nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a réitéré mardi son souhait de voir les partenaires sociaux trouver un compromis pour "adapter" la durée de travail dans les entreprises, sans déroger à la législation sur les 35 heures.

L'ancien conseiller de François Hollande avait suscité l'émoi jeudi dernier lors de la publication par Le Point d'une interview accordée avant sa nomination à Bercy, le 26 août.

"Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d'accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunérations", y disait-t-il en précisant qu'il s'exprimait "librement". "C'est déjà possible (...) pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre ce dispositif à toutes les entreprises, à la condition explicite qu'il y ait un accord majoritaire avec les salariés?"

Cette interview avait provoqué la colère de la gauche du PS et incité Manuel Valls à préciser dimanche, devant l'université d'été de sa formation politique, qu'il n'était pas question de revenir sur la semaine de travail de 35 heures.

Emmanuel Macron, qui était mardi en déplacement à Romagny (Manche), où il a visité l'une des plus importantes sociétés coopératives de France, a réitéré ses réflexions.

"Je ne pense pas qu'il faille aujourd'hui déroger de manière législative aux 35 heures mais j'invitais (dans l'interview au Point-NDLR) à la négociation sur celles-ci", a-t-il dit.

Il y a des entreprises "où les 35 heures sont une bonne chose, où elles sont adaptées, où les gens vivent très bien avec. Dans d'autres catégories d'entreprises, dans d'autres secteurs, elles ne semblent pas adaptées aujourd'hui et donc il faut permettre aux gens d'être intelligents", a-t-il ajouté.

"C'est, j'espère, la négociation qui va le conduire, mais ce n'est pas une décision du gouvernement aujourd'hui et ce n'est en tout cas pas une décision du ministre de l'Economie", a-t-il expliqué à des journalistes. "Il ne s'agit pas d'en faire une polémique et d'hystériser le pays avec ce sujet."

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"FAIRE BOUGER LES CHOSES"

Dans une interview publiée mardi par Ouest France, le nouveau ministre de l'Economie estime qu'il "n'est pas interdit d'être de gauche et de bon sens".

"Etre de gauche, c'est être responsable, ce n'est pas prendre une posture, c'est essayer de faire bouger les choses, (...) être davantage du côté du risque que de la rente", dit-il.

"J'ai des convictions et je suis aujourd'hui en responsabilité, mais je ne me vois pas comme un homme politique. Je ne sais pas ce que je ferai demain. Ce que je sais simplement, c'est que ma génération aura à rendre des comptes longtemps", ajoute le ministre dans Ouest France.

Il a dit attendre que les entreprises, qui ont obtenu le Crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice) et le pacte de responsabilité, qui prévoit des baisses d'impôts et de charges, "montrent leur "engagement" en relançant la machine.

Dans une interview publiée par Les Echos mardi, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, tient des propos que ne désavoueraient pas Manuel Valls et Emmanuel Macron, en proie à la lutte des "frondeurs" du Parti socialiste.

Ces derniers ont vivement attaqué le ministre de l'Economie et critiqué le Premier ministre, hué lors de l'université d'été du PS à La Rochelle, pour avoir lancé mercredi dernier devant le Medef un "J'aime les entreprises".

"J'ai été effaré de voir que l'on pouvait être sifflé parce que l'on prononçait le mot 'entreprise'!", dit Laurent Berger en estimant qu'une "partie seulement" de la majorité a fait son "évolution culturelle sur ce que sont les entreprises".

"Cette évolution, la CFDT l'a faite il y a 20 ans et récemment nous avons clairement affirmé qu'il fallait augmenter les marges des entreprises parce que c'était dans l'intérêt des salariés, de leur emploi et de leur salaire", souligne-t-il.

(Yves Clarisse, édité par Sophie Louet)

reuters.com

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