La présidente brésilienne tente de désamorcer le scandale Petrobras
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par Anthony Boadle
BRASILIA (Reuters) - La présidente brésilienne Dilma Rousseff a tenté lundi de se protéger des retombées d'un nouveau scandale autour de la compagnie pétrolière publique Petrobras en demandant à la justice de lui communiquer toute information qui impliquerait des membres de son gouvernement.
Le magazine brésilien Veja a annoncé samedi qu'un ancien dirigeant du groupe pétrolier sous les verrous avait cité le nom du ministre de l'Energie Edison Lobao et d'une vingtaine d'autres hommes politiques comme ayant touché des dessous-de-table sur des contrats de la société.
Cette affaire risque de compliquer encore les chances de la présidence sortante de remporter un nouveau mandat lors du scrutin du 5 octobre alors que les sondages la donnent derrière la candidate du Parti socialiste brésilien (PSB), la militante écologiste Marina Silva.
Cette affaire a fait reculer la Bourse brésilienne de plus de 2% lundi. L'action Petrobras a perdu 4,6% et la devise brésilienne
Selon les termes de Dilma Rousseff, le ministre de l'Energie a démenti "avec véhémence" les accusations portées contre lui. Dilma Rousseff a précisé avoir demandé à la justice le détail des informations transmises au magazine Veja pour vérifier qu'aucun membre du gouvernement n'était impliqué.
"En tant que présidente du pays, je dois agir sur des informations officielles, pas sur un article de magazine", a déclaré Dilma Rousseff.
Selon Veja, l'ancien responsable de l'unité raffinage de Petrobras, Paulo Roberto Costa, a déclaré à la police, dans un accord confidentiel reconnaissant sa culpabilité, qu'il était impliqué dans un vaste schéma de pots-de-vins qui fournissait des fonds aux alliés du gouvernement.
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Paulo Roberto Costa a été arrêté en mars dernier dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent impliquant Petrobras. La presse brésilienne l'a surnommé "la bombe à retardement" parce qu'il a menacé de révéler les noms des politiques en vue ayant bénéficié des fonds illégaux.
EXTRÊMEMENT GRAVE
Parmi les noms qu'il aurait cité figurent ceux de trois gouverneurs d'Etats et d'une trentaine de parlementaires appartenant à trois partis de la coalition au pouvoir. Parmi les personnalités citées figurent les présidents des deux chambres du parlement et le trésorier du Parti des travailleurs (PT), le parti de Dilma Rousseff.
Petrobras a annoncé avoir également demandé à avoir accès au témoignage de Paulo Roberto Costa dans le cadre d'une enquête interne.
Le candidat à la présidentielle favori des marchés,
Aécio Neves, du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), a estimé que cette affaire laissait présumer de l'existence d'une "organisation criminelle" au sein du groupe Petrobras.
"Ces allégations sont extrêmement graves. La présidente doit expliquer ce qui s'est passé. Son gouvernement a fait passer Petrobras des pages financières à la chronique criminelle", a déclaré Aécio Neves alors qu'il était en campagne à Marabá en Amazonie.
La candidate du PSB Marina Silva a estimé que la présidente était politiquement responsable même si elle n'était pas directement impliquée. Elle a appelé à une enquête de police rigoureuse "quelles que soient les personnes qui pourraient être touchées".
La militante écologiste pourrait toutefois elle aussi être touchée par les retombées du scandale parce que l'un des gouverneurs cités par Paulo Roberto Costa était Eduardo Campos, qui était le candidat du Parti socialiste avant d'être tué dans un accident d'avion le 13 août.
Marina Silva, qui était sa colistière, a ensuite été lancée dans la course à la présidentielle pour le remplacer et sa cote de popularité a grimpé. Les sondages la donnent au coude-à-coude avec Dilma Rousseff le 5 octobre et gagnante haut la main au second tour trois semaines plus tard.
(Danielle Rouquié pour le service français)
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