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Sarkozy se prononce pour une primaire à droite pour 2017

reuters.com

Publié le 25 septembre 2014 à 15:41 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:42

Sarkozy se prononce pour une primaire à droite pour 2017

Sarkozy se prononce pour une primaire à droite pour 2017

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par Pierre Savary

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a accepté jeudi l'organisation d'une primaire à droite pour l'élection présidentielle de 2017 dans son premier meeting depuis son retour en politique, dans lequel il a esquissé les grandes lignes d'un programme de gouvernement.

Devant 2.000 personnes réunies dans un gymnase de Lambersart (Nord), près de Lille, et autant à l'extérieur, l'ancien chef de l'Etat, qui a annoncé la semaine dernière sa volonté de briguer la présidence de l'UMP en novembre, est apparu tel qu'en 2012.

Il a d'emblée clarifié sa position sur la primaire présidentielle de 2016 que ses rivaux à droite, les anciens Premiers ministre Alain Juppé et François Fillon, le soupçonnaient de vouloir escamoter.

"Il y aura des primaires, qui pourrait de bonne foi douter qu'il en fût autrement ?", a-t-il dit, levant l'ambiguïté qu'il avait jusqu'ici savamment entretenue.

S'il est élu à la tête de l'UMP, a-t-il ajouté, il s'efforcera de "mettre fin aux querelles, aux disputes dérisoires qui ont ridiculisé notre famille politique ces deux dernières années" grâce à un "grand rassemblement".

"Nous aurons besoin de l'expérience et du talent qui est grand d'Alain Juppé. Nous aurons besoin de François Fillon avec qui j'ai travaillé pendant cinq années en pleine confiance", a-t-il poursuivi en affichant sa règle : "Tu veux une grande place, tu vas travailler beaucoup."

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Il a ébauché les grandes lignes de son programme pour redresser l'économie et restaurer le crédit du politique.

"Le nombre de fonctionnaires devra être réduit et il nous faudra sans doute accepter pour l'Etat comme pour les collectivités territoriales que les recrutements dans la fonction publique ne soient pas tous soumis à la règle du statut à vie car ce n'est plus adapté aux exigences du monde moderne", a-t-il expliqué à une salle acquise à sa cause.

TRAVAILLER DAVANTAGE

Pour Nicolas Sarkozy, un chômeur ne pourra plus percevoir d'allocations s'il refuse un travail et l'octroi du RSA devra être conditionné à "l'exercice d'une activité au service de la communauté", un emprunt aux thèses de Laurent Wauquiez.

"Nous devons travailler davantage, les Français peuvent l'entendre et peuvent le comprendre", a-t-il poursuivi en estimant que "vacances, jours fériés et RTT" ne pouvaient plus être, comme actuellement, le "but ultime" des Français.

Il s'en est pris aux syndicats "qui sont sortis de leur rôle en appelant comme un seul homme à voter pour le candidat socialiste" en 2012 et dénoncé les étrangers qui ne veulent pas "s'adapter" à la société française.

L'ancien président a proposé d'utiliser le référendum, citant les exemples de la réduction, selon lui indispensable, du nombre de parlementaires, et de la réforme territoriale.

Il s'est en revanche montré prudent sur le mariage homosexuel, une réforme de la gauche qu'une partie de son électorat veut abroger, promettant un débat.

"Nous déciderons sereinement des conséquences à tirer de ce triste épisode, j'entends les propositions tranchées des uns et des autres", a-t-il dit. "Je n'ai nullement l'intention de fermer [le débat] avant même qu'il ait été ouvert."

"LE CHEF EST DE RETOUR"

S'il n'est pas officiellement candidat à la présidentielle de 2017 et s'il dément tout "esprit de revanche", il a lancé des flèches acérées en direction de François Hollande.

"On s'attendait au pire, au moins de ce point de vue nous n'avons pas été déçus", a-t-il dit.

Il a dénoncé "l'alliance autant objective que scandaleuse entre le PS et le Front national" de Marine Le Pen qui, selon lui, porte la responsabilité de sa défaite en 2012 parce qu'elle a refusé d'appeler à voter pour lui.

Les militants étaient pour la plupart enthousiastes après le meeting et voyaient en Nicolas Sarkozy le futur président.

"Le chef est de retour", a estime Géraldine Vandenbosshe, une retraitée. "C'est lui qui va remettre la France au travail et les assistés et les syndicats ont du souci à se faire."

"Personne d'autre ne peut redresser la France. L'UMP d'abord et la France ensuite", a-t-elle ajouté.

Certains ont jugé que le programme manquait encore de chair.

"J'aurais voulu en savoir plus sur son positionnement et je reste un peu sur ma faim", a expliqué Valentin Simon, étudiant à Lille. "Dire 'j'écoute et on verra ensuite', c'est un peu léger. Il donne l'impression de vouloir ménager tout le monde."

"Mais sur l'enthousiasme, l'énergie, et la critique de Hollande en revanche, il est au taquet !"

(Par Pierre Savary, avec Marion Douet, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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