Aux Philippines, Abou Sayyaf veut profiter de l'essor de l'EI
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Aux Philippines, Abou Sayyaf veut profiter de l'essor de l'EI
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par Rosemarie Francisco et Stuart Grudgings
MANILLE (Reuters) - En menaçant d'exécuter un otage allemand pour manifester une forme de solidarité envers l'Etat islamique, le groupe philippin Abou Sayyaf atteste du pouvoir d'attraction exercé en Asie par les combattants islamistes qui occupent une partie de l'Irak et de la Syrie.
Des sources sécuritaires et des analystes estiment qu'une centaine de personnes sont parties d'Indonésie et de Malaisie, deux Etats à forte majorité musulmane, ainsi que du sud des Philippines pour rejoindre l'Etat islamique et certaines d'entre elles songeraient à créer une brigade composée de combattants s'exprimant en langue malaise.
Le commandant en chef des forces américaines dans la région Asie-Pacifique, l'amiral Samuel Locklear, a déclaré jeudi qu'un millier d'Asiatiques avaient rejoint les rangs de l'Etat islamique, sans donner de précision sur leur pays d'origine. Et "ce nombre pourrait augmenter", prévient-il.
Selon des experts des questions de sécurité, des milliers d'Asiatiques auraient déjà prêté allégeance à l'Etat islamique et des groupes locaux cherchent à capitaliser sur une "marque" qui gagne en visibilité en recourant massivement aux réseaux sociaux qui relaient des vidéos violentes et des appels au djihad.
Les autorités locales craignent désormais l'effet d'un retour au pays de ces combattants radicalisés susceptibles d'importer un savoir-faire acquis en Irak et en Syrie.
SUR LE DÉCLIN ?
Le groupe philippin Abou Sayyaf, qui revendiquait jusqu'à présent son affiliation à Al Qaïda, a menacé de tuer l'un des deux otages allemands qu'il détient d'ici le 10 octobre si l'Allemagne ne verse pas une rançon de 5,6 millions de dollars (4,39 millions d'euros) et ne cesse pas de soutenir les attaques aériennes menées par les Etats-Unis et leurs alliés contre des positions de l'Etat islamique.
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Abou Sayyaf s'est fait connaître au début des années 2000 par des enlèvements de ressortissants étrangers. Réputée pour sa violence, l'organisation s'est spécialisée dans les rapts en vue d'obtenir des rançons ainsi que dans d'autres activités criminelles.
Depuis une décennie cependant, l'aura du groupe s'est estompée à mesure qu'il multipliait les échecs militaires et que diminuaient le nombre de ses soutiens.
De sources sécuritaires, on doute qu'il existe aujourd'hui un lien entre Abou Sayyaf et l'Etat islamique et on soupçonne le groupe philippin de vouloir profiter des succès que rencontrent les combattants islamistes en Irak et en Syrie.
"Nous pensons qu'il n'existe pas de lien direct, mais il y a sans doute des sympathisants qui cherchent à prendre le train en marche pour récolter un soutien plus large", dit Ramon Zagla, porte-parole de l'armée.
"C'est une manière de gagner en réputation, parce qu'actuellement Abou Sayyaf est sur le déclin."
(Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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