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Royal n'exclut pas de fermer un autre site que Fessenheim

reuters.com

Publié le 30 septembre 2014 à 05:59 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 19:55

Royal n'exclut pas de fermer un autre site que Fessenheim

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PARIS (Reuters) - La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne du parc français, reste privilégiée pour la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité en France, mais le gouvernement étudiera toute autre proposition d'EDF, a déclaré mardi Ségolène Royal.

La ministre de l'Ecologie s'apprête à défendre devant les députés le projet de loi pour la transition énergétique, qui prévoit un plafonnement de la capacité nucléaire de la France à 63,2 gigawatts.

L'ouverture de la centrale de Flamanville, prévue en 2016, devrait s'accompagner de la fermeture d'un autre site.

La centrale de Fessenheim paraît promise à la fermeture, mais le texte présenté aux députés prévoit qu'EDF décide, en partenariat avec l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), de l'adaptation de son parc aux objectifs fixés par l'Etat.

"Sur Fessenheim, il y a eu des investissements, 500 millions d'euros", a rappelé Ségolène Royal sur France Inter.

"Et donc je regarderai avec beaucoup de pragmatisme (...) quelles sont les propositions de l'entreprise par rapport au choix le plus judicieux, c'est-à-dire quels sont les deux réacteurs qui coûtent le plus cher en terme d'investissement pour être remis aux normes, et une décision sera prise."

"Si EDF a une proposition plus judicieuse que fermer Fessenheim, je regarderai cette proposition", a-t-elle ajouté.

"REPORTER LA FERMETURE"

La ministre a jugé "farfelu" le chiffre de cinq milliards avancé par les députés Hervé Mariton (UMP) et Marc Goua (PS), qui présentaient mardi un rapport sur le coût potentiel de la fermeture du site.

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Le rapport, que Reuters s'est procuré, estime que le manque à gagner pour EDF s'élèverait à 4,7 milliards d'euros sur la période 2017-2040, en tenant compte d'une rentabilité moyenne de 200 millions d'euros par an.

Mais cette hypothèse suppose une durée d'exploitation de 60 ans environ, le site ayant été inauguré en 1977, alors même que la question de la durée de vie des centrales françaises n'est pas tranchée. Un premier avis de l'ASN sur une exploitation jusqu'à 50 ans est attendu dans les prochaines années.

Tenant compte d'une probabilité de 85% d'obtenir l'autorisation d'exploiter la centrale, le texte conclut que l'indemnité due par l'Etat s'élèverait à quatre milliards d'euros. A ce chiffre s'ajouterait un milliard d'euros de coût social, ce qui porterait à cinq milliards d'euros la facture totale.

"Ce montant inclut non seulement l'indemnisation de l'exploitant, mais aussi les impacts sur le territoire, sur l'emploi, sur les finances des collectivités locales concernées, sur le réseau électrique, sur la balance commerciale, et sur l'image de l'industrie nucléaire", indique le rapport.

Environ 2.000 emplois seraient par ailleurs concernés, estiment-ils, confirmant une récente étude de l'Insee Alsace.

"À l'heure où la contrainte budgétaire est forte, les rapporteurs spéciaux estiment qu'il serait sans doute préférable de reporter une telle décision, afin de permettre à un outil rentable économiquement et techniquement sûr de terminer son cycle de vie", peut-on lire.

En tenant compte d'une hypothèse d'exploitation de 40 ans, actuellement admise, l'indemnité versée à EDF chute cependant à 750 millions d'euros, a souligné Marc Goua lors de la présentation du rapport devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

"DES PROPOS IRRESPONSABLES"

Le président UMP de la commission des Finances, Gilles Carrez, a vivement critiqué lors de cette présentation la réaction de la ministre de l'Ecologie à ce rapport, le premier à chiffrer le coût de la fermeture.

"Il est scandaleux de traiter ce travail de farfelu (...) L'exigence, c'est qu'il y ait des études", a déclaré le député, rappelant qu'il l'avait lui-même commandé en raison de l'"absence totale" de chiffrage financier du gouvernement.

"C'est une affaire à plusieurs milliards (d'euros). Traiter les choses avec autant de légèreté et de désinvolture me paraît hautement irresponsable", a-t-il ajouté.

La fermeture de Fessenheim, située en zone sismique et inondable, est une promesse de campagne de François Hollande qui avait recueilli le soutien des écologistes.

(Gregory Blachier et Marion Douet, avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)

reuters.com

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