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La bataille de la primaire de l'UMP pour 2017 s'emballe

reuters.com

Publié le 03 octobre 2014 à 11:21 - Mis à jour le 04 octobre 2014 à 13:40

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La bataille de la primaire de l'UMP pour la désignation d'un candidat à la présidentielle de 2017 s'est emballée cette semaine avec la présentation par les principaux prétendants d'ébauches de programme et un net durcissement de ton.

Contraint d'accepter à contrecoeur une primaire ouverte, qui le place sur un pied d'égalité avec François Fillon et Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, dernier entré en lice, s'efforce de tuer le match.

Fidèle à sa stratégie du tapis de bombes, l'ex-chef de l'Etat, à peine sorti d'un silence de 27 mois, occupe le terrain médiatique à coups d'interviews et de réunions publiques au goût de campagne présidentielle relayées par une avalanche de tweets.

Officiellement, il n'est aujourd'hui candidat qu'à la présidence de l'UMP. Mais la primaire se jouera en grande partie fin novembre lors de cette élection interne, pour laquelle il ne paraît pas avoir de véritables rivaux.

Cela semble du moins le pari de Nicolas Sarkozy, pour qui l'enjeu sera alors de transformer ce scrutin en plébiscite.

S'il fait mine de ne pas encore s'intéresser à l'étape suivante, il n'en laisse pas moins transparaître clairement ses intentions au gré de ces déclarations.

"Je suis candidat pour redresser ma famille politique et préparer une alternative. Si je réussis, je serai conduit à prendre des décisions", déclare-t-il ainsi au Figaro Magazine avant cet avertissement à ses rivaux: "Quelle est votre chance de succès personnel s'il y a faillite collective? Ne vaudrait-il pas mieux au préalable réfléchir à notre réussite commune?"

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Un cadre de l'UMP, proche de la direction du parti, estime que l'ex-chef de l'Etat "va tout faire pour que les sondages l'imposent" et pour "rendre la primaire inutile".

"J'AURAI BESOIN DE LUI"

Le pari semble cependant encore loin d'être gagné, à en juger par un sondage Harris Interactive effectué jeudi soir à la fin de l'émission "Des paroles et des actes", sur France 2, dont Alain Juppé était l'invité vedette.

Sur 800 téléspectateurs interrogés, 79% ont jugé l'ancien ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy compétent et 72% sympathique ; 61% ont dit qu'il ferait "un bon président".

Selon un sondage du même institut réalisé après l'interview de Nicolas Sarkozy sur France 2, le 21 septembre, seulement 34% des téléspectateurs ont trouvé l'ex-chef de l'Etat convaincant.

"Je suis quelqu'un qui fait appel à la réflexion plutôt qu'à la fébrilité", a fait valoir Alain Juppé jeudi soir.

Le 21 septembre, Nicolas Sarkozy avait adopté un ton condescendant à l'égard de son ancien ministre: "Alain Juppé, je l'ai connu quand j'avais 20 ans (...). C'est quelqu'un pour qui j'ai même de l'admiration et j'aurai besoin de lui."

Réplique du maire de Bordeaux jeudi: "Moi j'ai connu Nicolas Sarkozy quand j'avais 30 ans et j'aurai besoin de lui. Donc on est en phase."

Si François Fillon paraît à la traîne dans les sondages, il ne s'efforce pas moins d'imprimer sa marque et de déstabiliser celui dont il a été le Premier ministre cinq ans durant.

A propos de l'affaire des fausses factures de Bygmalion, qui parasite le retour de Nicolas Sarkozy, il a jeté un pavé dans la défense de l'ex-chef de l'Etat, qui jure n'avoir connu le rôle de la société de communication dans sa campagne perdue de 2012 qu'après l'élection: "Je pense que tout le monde connaissait l'existence de cette entreprise", a-t-il dit dans les médias.

Il a également estimé que Nicolas Sarkozy n'avait "pas vraiment" changé, contrairement à ce qu'il avance. Déjà, lors d'une réunion avec ses partisans, le 21 septembre, il avait dit ne pas avoir le "culte des sauveurs" mais celui des idées.

Les trois hommes ont avancé cette semaine des propositions qui convergent souvent, comme dans le domaine des finances publiques, mais reflètent aussi leurs différences de style, ce qui n'exclut pas une certaine surenchère.

Nicolas Sarkozy a renoué avec le ton "clivant", certains thèmes très marqués à droite et le discours anti-élite de sa campagne de 2012, comme la promesse de recourir au référendum pour surmonter les blocages français.

ÉCONOMIES DRACONIENNES

L'ex-gaulliste social François Fillon se présente plutôt aujourd'hui en libéral et en avocat d'une thérapie de choc pour sauver la France d'un "accident financier grave". Alain Juppé s'affiche en candidat de l'apaisement, fait de son âge (69 ans) un gage d'expérience et limite son ambition à un quinquennat.

Les trois hommes promettent de réduire de façon draconienne les dépenses publiques, d'une centaine de milliards d'euros.

François Fillon propose 110 milliards d'économies, Alain Juppé de ramener les dépenses publiques à 50% du PIB et Nicolas Sarkozy d'inscrire cette limite dans la Constitution.

Tous trois prennent également pour cibles les effectifs de fonctionnaires, la semaine de 35 heures généralisée, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l'âge de la retraite.

François Fillon entend ainsi réduire les effectifs de la fonction publique de 600.000 postes en cinq ans. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy promettent le rétablissement du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.

En matière de retraite, les deux ex-Premiers ministres se retrouvent pour prôner un report de l'âge légal à 65 ans au lieu de 62 -report qu'Alain Juppé souhaite cependant "progressif".

Nicolas Sarkozy est pour une fois moins disant: il plaide pour un report à 63 ans. "Attention à ne pas crisper le pays", avertit l'ex-président dans le Figaro Magazine.

L'ancien chef de l'Etat et Alain Juppé militent par ailleurs pour une harmonisation fiscale avec l'Allemagne. C'est dans ce cadre que le second envisage de supprimer l'ISF.

Les trois rivaux envisagent aussi de nouvelles baisses des charges des entreprises. Mais cette fois c'est François Fillon qui paraît le plus radical: il suggère de "rendre" 50 milliards d'euros aux entreprises dès le début du prochain quinquennat en finançant cette mesure à hauteur de 30 milliards par une hausse des taux supérieurs de TVA de 3,5 points.

Aucun ne prévoit de revenir sur le mariage gay, qui divise la droite. Mais tous trois restent hostiles à la légalisation de la gestation pour autrui (GPA) et de la procréation médicalement assisté (PMA) pour les homosexuels, dont Nicolas Sarkozy propose d'inscrire l'interdiction dans la Constitution.

(Edité par Sophie Louet)

reuters.com

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