Le drapeau de l'Etat islamique flotte sur l'est de Kobani
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Le drapeau de l'EI flotte sur la ville kurde syrienne de Kobani
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Le drapeau de l'EI flotte sur la ville kurde syrienne de Kobani
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par Daren Butler
MURSITPINAR, Turquie (Reuters) - Des djihadistes de l'Etat islamique ont hissé lundi leur drapeau sur un bâtiment des faubourgs est de la ville kurde syrienne de Kobani, après pratiquement trois semaines d'offensive, mais les défenseurs kurdes affirment que les assaillants n'ont pas atteint le coeur de l'agglomération.
Un pavillon noir de l'EI était visible de la frontière turque, flottant au-dessus d'un bâtiment de quatre étages proche des secteurs où se sont déroulés les affrontements les plus intenses de ces derniers jours.
De source kurde à Kobani, également appelée Aïn al Arab, on confirmait que des djihadistes de l'EI avaient bien planté un drapeau mais en ajoutant que les forces kurdes avaient jusqu'à présent repoussé leur progression.
"L'EI a seulement hissé un drapeau sur un bâtiment de la partie orientale de la ville", a dit Ismaïl Eskin, journaliste présent dans la ville. "Ce n'est pas à l'intérieur même de la ville, mais dans sa partie orientale. Ils (les hommes de l'EI) ne sont pas à l'intérieur de la ville. Des combats acharnés se poursuivent", a-t-il expliqué.
"Durant la journée, les combattants de l'EI réussissent à certains moments à gagner du terrain, mais l'YPG (forces de défense kurdes) les repousse. Il y a des affrontements dans le secteur, mais ils (les djihadistes) ne sont pas à l'intérieur de la ville, l'YPG résiste", a dit pour sa part Pawer Mohammed Ali, traducteur pour le compte du parti kurde PYD, dans Kobani.
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Les djihadistes se sont rapprochés de la ville ces derniers jours en dépit des raids aériens menés contre ses positions par les Etats-Unis et leurs alliés arabes. Des obus de mortier sont tombés sur des quartiers d'habitation de Kobani et des tirs ont même atteint le territoire turc voisin.
Au cours du week-end, des combats ont eu lieu autour de la colline de Mistanour, hauteur stratégique au sud-ouest de la ville. Une vidéo diffusée par le groupe EI dimanche semble montrer que ses combattants contrôlent les antennes radio situées au sommet, mais l'authenticité du document n'a pas pu être confirmée et, selon Ismaïl Eskin, les combats se sont poursuivis lundi dans le secteur.
TOUJOURS DES CHARS TURCS A LA FRONTIERE
L'offensive des djihadistes en direction de Kobani a poussé à l'exode en Turquie environ 180.000 Kurdes syriens.
Jusqu'à récemment, la ville avait été épargnée par la guerre civile qui ravage la Syrie depuis 2011, et elle était même devenue un havre pour réfugiés fuyant les combats dans le reste du pays. Le président syrien, Bachar al Assad, avait choisi de laisser à la population kurde une quasi-autonomie.
Mais désormais, l'Etat islamique cherche à faire tomber Kobani pour s'assurer le contrôle sans interruption d'une longue bande de territoire à la frontière turque, après les gains qu'il a enregistrés, depuis juin, dans le nord de l'Irak mais aussi en Syrie.
Des hommes politiques kurdes ont confirmé lundi que Saleh Mouslim, l'un des coprésidents du PYD, avait rencontré des responsables turcs pour leur demander de permettre le ravitaillement en armes de Kobani à partir de la Turquie.
Lundi, des chars turcs continuaient d'être stationnés à la frontière, certains canon pointé en direction de la Syrie. Durant le week-end, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis de riposter si l'Etat islamique attaquait les forces turques.
La libération par l'Etat islamique, en septembre, des 46 otages turcs qu'il détenait depuis la prise de Mossoul en Irak en juin, laisse à Ankara les coudées franches pour jouer un rôle plus actif dans le secteur. Jeudi dernier, le Parlement turc a approuvé un dispositif permettant au gouvernement d'Ankara d'intervenir militairement en Irak et en Syrie pour lutter contre les djihadistes.
(avec Mariam Karouny à Beyrouth et Humeyra Pamuk à Istanbul, Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français)
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