Evo Morales, réélu en Bolivie, n'entend pas changer de politique
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Evo Morales, réélu en Bolivie, n'entend pas changer de politique
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par Enrique Andres Pretel et Monica Machicao
LA PAZ (Reuters) - Le président bolivien Evo Morales, facilement élu pour un troisième mandat, dit qu'il s'en tiendra à sa ligne politique de socialisme pragmatique, en respectant la propriété privée tout en continuant de développer le rôle de l'Etat dans l'économie.
Cet ancien cultivateur de coca, premier Amérindien à avoir accédé à la plus haute fonction du pays en 2006, a remporté environ 60% des suffrages dimanche selon un sondage réalisé à la sortie des urnes. Aucun résultat officiel national n'a encore été publié.
Son principal adversaire, le magnat du ciment Samuel Doria Medina, a reconnu sa défaite.
Les programmes de lutte contre la pauvreté et la gestion prudente des recettes tirées de la nationalisation des secteurs du gaz naturel et du pétrole ont assuré à Evo Morales un soutien large et solide dans un pays longtemps éprouvé par l'instabilité politique.
Le président s'est aussi attiré des louanges des milieux d'affaires et des marchés financiers pour avoir dégagé des excédents budgétaires et permis une croissance économique supérieure à 5% par an en moyenne.
Lundi, Evo Morales a expliqué sa nouvelle victoire par "la gestion et le travail", en assurant qu'il n'entendait pas changer de politique.
"Nous allons poursuivre l'expérience que nous avons entamée avec les milieux d'affaires", a-t-il dit à la presse. "La propriété privée sera respectée, comme le prévoit la constitution."
PAS DE NATIONALISATION DU SECTEUR BANCAIRE
Dans une interview accordée à l'agence Reuters, il a précisé qu'il ne projetait pas de nouvelles nationalisations, excluant notamment de toucher aux banques.
"Nous n'avons jamais pensé nationaliser le secteur bancaire. Puisque les banques gagnent bien leur vie, laissons-les payer des impôts", a-t-il dit.
Evo Morales a également précisé à Reuters que la Bolivie, qui a effectué en 2012 sa première émission obligataire depuis les années 1920 puis à nouveau en 2013, pourrait de nouveau faire appel aux marchés des capitaux en 2015. "Si nous en avons besoin pour financer de nouveaux travaux publics, oui, nous recourrons à des émissions et au crédit international."
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Face à la presse, il a indiqué que les entreprises publiques avaient un rôle clé à jouer dans l'amélioration de la vie des Boliviens en permettant l'augmentation des dépenses sociales. "Pour répondre aux demandes (de la population), il faut assurer la croissance économique et pour y arriver, on a besoin des entreprises publiques", a-t-il dit.
Les observateurs jugent quant à eux peu probable une inflexion des politiques menées à La Paz à moyen terme.
"Il semble avoir trouvé une formule gagnante au cours de son deuxième mandat et il va voir jusqu'où il peut l'appliquer pendant son troisième", a dit lundi Michael Schifter, président du cercle de réflexion American Dialogue à Washington.
Il a toutefois ajouté qu'Evo Morales avait aussi profité du niveau élevé des cours du gaz naturel, un facteur sur lequel il n'est pas certain de pouvoir compter durablement.
(Marc Angrand et Henri-Pierre André pour le service français)
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